Le débat autour de la crise politique que vit le pays depuis le 22 février n’évacue pas totalement les interrogations quant à la situation économique nationale, sujette elle aussi à de multiples questionnements.
Preuve en est, la récente mesure gouvernementale, portant sur la levée de l’interdiction sur l’importation de véhicules de moins de trois ans, suscite un débat parfois passionné depuis son annonce par les officiels. La mesure est ainsi différemment appréciée par les économistes et par les spécialistes du marché automobile, ce marché qui subit les effets d’une instabilité de la réglementation qui l’encadre.
Mesure conjoncture à visée populiste dans un contexte de contestation générale ? L’avenir apportera sa réponse. Mais pour le moment, il est établi, comme le rappelle plus d’un expert, que l’économie du pays ne se porte pas bien et que les perspectives ne sont pas roses. Foncièrement rentière et dépendante des recettes pétrolières, cette économie tend à marcher au ralenti avec des répercussions certaines sur la situation économique et financière du pays, marquée du sceau de la vulnérabilité chronique. Une telle fragilité se vérifie visiblement au niveau des entreprises où les signaux ne sont point rassurants. Et quand des entreprises ne parviennent pas à écouler leurs productions pendant que d’autres ne tournent qu’à moitié de leur capacité, il y a indéniablement des raisons de s’inquiéter sur l’avenir de ces entités, censées constituer l’ossature de l’économie nationale. Circonstances aggravantes, la vie des entreprises tend à être rythmée, ces dernières semaines vraisemblablement plus qu’auparavant, par des actions syndicales à répétition.
Ce qui n’est pas fait, au-delà de la légitimité des revendications formulées par les travailleurs, pour arranger la situation des entreprises à la recherche de la pérennité. D’où l’impératif et l’urgence de revoir le logiciel de fonctionnement de l’entreprise nationale, publique ou privée, de nature à lui garantir pérennité et compétitivité.
Il y va de l’avenir du pays qui ne peut pas se débarrasser de l’économie rentière et passer vers une économie émergente sans la préservation et la consolidation de son tissu de production.