Par Bouzid Chalabi
Constat indéniable et inquiétant. Depuis quelques mois, l’économie du pays fonctionne au ralenti. Pis encore, certaine entreprises sont en train de passer en mode attente faute de commandes publiques engendrées par le report de signature de marchés. Une situation sur laquelle est revenu avec beaucoup d’appréhension l’économiste Smaïl Lalmas, lors de son passage hier à l’émission
« L’Invité de la Rédaction » de la Chaîne III de la Radio algérienne. Il en veut pour preuve le fait que « des entreprises n’arrivent pas à écouler leurs marchandises. D’autres tournent à seulement 50 % de leur capacité de production, pour la simple raison que notre économie, en général, est alimentée par les grands projets. Et avec le gel des projets, les entreprises n’arrivent pas à trouver preneur. Et du coup, les répercussions sont assez dramatiques sur les entreprises surtout celles qui sont grandes tributaires des projets d’infrastructure ». Poursuivant dans ce sens, « un état des lieux qui dévoile que nous sommes dans une véritable crise économique ». Sur quoi, il avance même : « Au cas où cette situation venait à perdurer, les chefs d’entreprise seraient tentés de réduire leurs personnels entraînant des répercutions terribles sur les postes d’emploi ainsi que sur le pouvoir d’achat ». Cependant, l’invité de la radio s’est « refusé à imputer cette situation de ralentissement de l’économie du pays à la crise politique à laquelle il est confronté actuellement ». C’est pourquoi il considère vital de bloquer « ce sérieux danger » en initiant un « plan de relance d’urgence dans les meilleurs délais ». Suggérant dans ce sens quelques démarches à entreprendre. Pour Lalmas, il y a nécessité de libérer l’économie et en même temps changer la structure de l’investissement en la réservant à la ressource humaine, la formation et la compétence. Mais pour ce faire, ajoute-t-il, il faudrait passer par la mise en place d’une « direction politique crédible », armée de la confiance des citoyens. Sur ce dernier point, l’invité de la Rédaction a expliqué que « l’une des raisons majeures qui nous a mené vers cette situation de blocage et au manque de confiance à l’endroit de notre économie est le manque de vision. Autrement dit, en l’absence de perspectives objectives sur les écrans de l’ex-président de la République, cela a amené les investisseurs étrangers et locaux à ne prendre aucun risque ». Toujours dans ce même ordre d’idées, Lalmas a estimé qu’en mettant en œuvre les paramètres de « crédibilité, de confiance, de projets et de compétences » il est possible d’attirer nombre d’investisseurs pour inaugurer un modèle économique solide qui reste encore à bâtir. «C’est à cette condition que l’on pourra stopper, dans un premier temps, le phénomène de la récession et passer par la suite à une étape, celle de l’émergence d’une économie à fort potentiel et de surcroît créative de richesse », a conclu l’invité de la Rédaction.<