Comme chaque année, le gouvernement promet de remédier à la flambée des prix à l’occasion du Ramadhan. Pour cette année 2019, il est question de plafonner les prix de certains produits, notamment les plus demandés durant ce mois. Appelé prix de référence, le dispositif ne semble pas avoir fonctionné.
Malgré les assurances avancées par les services concernés quelques jours auparavant, quant à la disponibilité des produits prisés durant le mois de Ramadhan et à des prix raisonnables, la réalité sur les étals est toute autre et est même déroutante pour les chefs de famille. En effet, aux premiers jours du mois, les prix des fruits, légumes et viandes ont encore flambé dans la plupart des marchés du pays.
Animant une conférence de presse, hier, au forum El Moudjahid, le président de la Fédération algérienne des consommateurs (FAC), Zaki Hariz, a confirmé la flambée en indiquant que «les prix de référence n’ont pas été appliqués depuis le début du mois de Ramadhan».
La raison, selon lui, est liée au fait que «le gouvernement a improvisé cette histoire de prix de référence et, logiquement, il n’a rien vu venir». Plus explicite, il dira «les mesures ont été prises dans la précipitation». Sans oublier «les agents du contrôle des prix censés faire appliquer le nouveau dispositif, qui ont préféré lancer un mouvement de protestation», a-t-il ajouté.
Pour Zaki Hariz, «les prix de référence ne seront pas appliqués à cause du manque d’autorité du gouvernement, mais surtout parce qu’il s’agit d’une mesure allant à contre-courant de toute logique économique».
Où sont les
530 marchés
de proximité ?
Le manque de marchés de proximité est aussi un facteur qui a impacté la hausse des prix. «Le secteur du commerce en Algérie souffre d’un déficit de marchés de proximité», a souligné, Mohamed Abidi, vice-président de l’association. Rappelons que le gouvernement avait promis l’installation de 530 marchés de proximité.
«Or, force est de constater, qu’à la première semaine de Ramadhan, ces espaces commerciaux n’ont pas été mis en place dans de nombreuses nouvelles cités et autres agglomérations», a-t-il indiqué, ajoutant que «de instructions fermes ont été données pour que les mesures nécessaires soient prises au niveau des communes, afin de régulariser la situation des commerçants activant dans le marché parallèle».
Ce type d’opérations de réhabilitation devrait, selon les initiateurs, profiter à pas moins de 13 000 jeunes à l’échelle nationale. Ce n’est visiblement pas le cas, du moins pour le moment, car le nombre de ces infrastructures commerciales opérationnelles ne correspond pas au chiffre avancé par le ministère du Commerce.
«Ainsi, la solution à la flambée des prix est sans doute ailleurs, précisément dans la création de mécanismes pérennes de régulation, comme la grande distribution, les infrastructures de stockage», a-t-il préconisé.
Le budget consommation des Algériens explose
«Durant le Ramadhan, la consommation de viandes blanches est estimée à 74 000 tonnes, alors que celle des viandes rouges est de 37 000 tonnes en moyenne. Ainsi, la consommation des viandes durant ce mois représente 380% de la consommation mensuelle durant le reste de l’année», a-t-il indiqué, précisant qu’«en moyenne, chaque ménage en Algérie consomme 9 kg de volaille et 4,5 kg de viandes rouges durant ce mois».
Il soulignera que «la consommation des autres produits alimentaires représente 170% de leur consommation mensuelle moyenne durant le reste de l’année».
De ce fait, la hausse des prix des produits alimentaires, observée chaque Ramadhan, même si elle est alimentée par la spéculation et la baisse de l’offre, parfois, est surtout le «résultat direct de l’augmentation brusque de la demande durant ce mois», a estimé le vice-président Abidi Mohamed.
Selon une étude menée par la fédération en 2015, les dépenses moyennes des 8,2 millions de ménages en Algérie étaient de 75 000 DA par ménage durant le mois de Ramadhan, contre une moyenne mensuelle de 36 000 DA durant le reste des mois.
«Cela veut dire que les dépenses des ménages passent de deux fois le SNMG à quatre fois le SNMG durant le Ramadhan. Ce constat nous interpelle pour sensibiliser les consommateurs sur la nécessité de réorienter leurs dépenses», a-t-il dit.<