Après la grandiose mobilisation du peuple algérien, qui n’a pas faibli d’un iota, avant-hier, pour le premier vendredi de ce mois de Ramadhan et le 12e depuis le début de ce mouvement populaire pacifique, déclenché le
22 février dernier, Maître Mustapha Bouchachi a tenu à vivement saluer la jeunesse algérienne qui a démontré au monde entier son civisme, sa maturité et sa démarche civilisationnelle depuis le début de ce mouvement.
C’est le message qu’il a lancé lors de sa rencontre avec la société civile, organisée dans la soirée d’avant-hier au stade communal de la localité de Yakouren, à une quarantaine de kilomètres à l’est de Tizi Ouzou. A cette occasion, le militant de la défense des droits de l’Homme a appelé la jeunesse à être patiente pour sauvegarder le caractère pacifique de ce mouvement qu’il a qualifié de révolution pacifique et de continuité de la Guerre de libération nationale (1954-1962). «Je considère qu’on a libéré la terre, mais nous n’avons jamais libéré l’être humain. Nos jeunes qui sont sortis le 22 février à ce jour sont en train de mener une révolution pacifique pour continuer la première révolution. Il faut être patient, car nous avons donné un exemple au monde entier et démontrer que les Algériens peuvent militer pacifiquement. On atteindra l’objectif escompté, qui est l’instauration d’une Algérie libre et prospère», dira-t-il avant d’ajouter : « La jeunesse a une responsabilité historique de garder cette démarche civilisionnelle, car le monde entier est témoin d’une jeunesse civilisée, pacifique. Il y a même des nations qui sont jalouses de notre démarche.» Maître Bouchachi a souligné que le peuple algérien ne reculera devant rien jusqu’à l’aboutissement de ses revendications. «Je ne pense pas que le peuple algérien recule à cause du jeûne ou de la chaleur. Bien au contraire, il est conscient qu’il s’agit de l’avenir de ses enfants et de ses petits-enfants, alors il veut aller vers un changement réel et radical».
Il a appelé le système à céder sa place et à quitter les commandes du pays «afin d’aller vers une élection transparente pour élire un président issu du peuple et qui ne doit pas être l’otage d’une institution interne ni de forces étrangères. Nous voulons une présidence collégiale et un gouvernement sain auxquels nous pourront faire confiance». Dans le même sillage, M. Bouchachi a mis l’accent sur le secret de la réussite de ce pari, à savoir rester unis et continuer à militer pacifiquement. «Nous voulons le départ de ce système qui a commandé ce pays depuis 1962 à ce jour. Nous sommes fiers de cette jeunesse qui a redonné la dignité et la fierté pour une nouvelle Algérie libre et démocratique.
Il faut savoir que ma génération a essayé de militer, mais on n’a pas réussi.» Interrogé sur la série d’arrestations de personnes accusées d’être impliquées dans les affaires de corruption et de détournement de derniers publics, Maître Bouchachi répond : «Certes, l’Etat algérien a le droit d’entamer des poursuites pour empêcher ces personnalités de quitter le pays, mais il ne faut pas que, derrière ces arrestations, il y ait des arrière-pensées politiques, puisque l’essentiel c’est la réussite de cette révolution».