C’est ce qu’a indiqué Ramdane Taâzibt, responsable du parti et ancien député, à l’occasion d’une conférence de presse animée pour la circonstance et à laquelle ont assisté, en plus des représentants des médias, des acteurs politiques, en signe de solidarité avec la passionaria du PT, placée en détention provisoire après avoir été entendue dans le cadre de l’enquête ouverte contre Athmane Tartag, Toufik Mediene et Saïd Bouteflika. M. Taâzibt a fait savoir, à cette occasion, qu’une « campagne internationale » a été lancée pour réclamer et exiger la libération de Mme Hanoune, expliquant, qu’elle bénéficie du soutien et de la solidarité de nombreuses organisations étrangères. « Les images de la secrétaire générale du PT diffusées en boucle, alors qu’elle arrivait au Tribunal militaire, ont fait le tour du monde. Elles ont indigné et choqué les militants à l’échelle internationale, notamment ceux de gauche », a fait savoir le conférencier, selon qui « la diffusion de ces images de Louisa Hanoune a eu visiblement un effet boomerang ». N’en déplaise, ajoutera-t-il, aux commanditaires de son arrestation, « la campagne visant à ternir l’image de la secrétaire générale du PT lui ont valu un soutien au niveau national et international », s’est exclamé Taâzibt. Sur sa lancée, il rappela à l’assistance que Mme Hanoune « est une militante dont l’aura ne se limite pas aux frontières du pays, mais qui est connue à l’échelle internationale », soulignant qu’« elle est présidente de l’Entente internationale des travailleurs et des peuples (EIT) ». Dans le détail, il fera savoir que la « Centrale unique des travailleurs » du Brésil, qui compte jusqu’à dix millions d’adhérents, « a entamé une campagne dans les quatre continents pour demander la libération immédiate de notre camarade dont la place n’est pas en prison », dira le cadre du PT. Ce dernier a réitéré l’appel à l’adresse des Algériens et tous les hommes libres pour apporter leur soutien à Louisa Hanoune.
« Ni le PT, ni ses avocats ni sa famille ne connaissent les chefs d’inculpation »
« Elle a toujours pris la défense des opprimés et des personnes dont les droits ont été bafoués. Elle a même défendu Ali Benhadj, leader du FIS dissous. Aujourd’hui, c’est à nous de la défendre», a-t-il plaidé. Au chapitre des actions menées pour exiger « la libération immédiate et inconditionnelle » de la cheffe du PT, une pétition a été lancée où figurent, parmi les premiers signataires les noms du sociologue Nacer Djabi, l’universitaire Abdelmalek Rahmani, ainsi que d’anciens moudjahidine, à l’image de Zohra Drif et Djilali Guerroudj. A la question qui revenait sur toutes les lèvres, à savoir les faits reprochés à la « présumée accusée », le responsable du PT laissa son auditoire sur sa faim. « Au troisième jour de sa détention provisoire, aucune partie n’a de nouvelles de Louisa Hanoune. Ni le PT, ni ses avocats ni sa famille ne connaissent les chefs d’inculpation retenus contre elle », a déclaré le conférencier. Ce dernier, qui dénonce qu’on interdise à Mme Hanoune la visite de ses proches, s’interroge également sur les raisons qui font que le Parquet n’a émis aucune déclaration à ce sujet.
M. Taâzibt a tiré à boulets rouges sur le système en place qui « veut priver le PT de sa secrétaire générale, des positions et propositions de Hanoune pour une sortie de crise que vit le pays ». A l’adresse du système, il promet que « le PT ne changera pas de positions et les arrestations ou répressions ne le feront pas flancher », indiquant que Mme Hanoune a subi plus de 19 000 attaques électroniques après ses dernières déclarations, où elle s’était exprimée contre l’immixtion du militaire dans la politique et que la seule transition, c’est d’aller à une assemblée constituante. Pour lui, l’arrestation de Louisa est le prélude à une « nouvelle ère », dont on ignore les retombées et répercussions, estimant que Mme Hanoune a dérangé le système en place et ceux qui veulent le sauver.
Cela dit, même si l’opinion nationale est sous le choc suite à cette arrestation, Louisa Hanoune s’y attendait, révélera le conférencier. « Louisa Hanoune s’attendait à ce qu’elle soit arrêtée. Elle a fait des lectures politiques. Elle avait préparé ses médicaments pour la circonstance», a-t-il dit, s’étonnant qu’en 2019, on emprisonne des militants politiques». Mais pour lui, il ne fait pas de doute, que« ce sont ses positions qui l’ont conduite devant le Tribunal militaire ».
KHalida Toumi :
« Hanoune est dans son rôle de chef politique »
Khalida Toumi, ancienne ministre de la Culture, a manifesté sa solidarité indéfectible à Louisa Hanoune. Défendant la patronne du PT, Khalida Toumi, présente hier au siège du PT, a déclaré que jusqu’au 30 mars, Abdelaziz Bouteflika était encore président de la République et son frère Saïd occupait toujours le poste de conseiller à la Présidence, et Bachir Tartag était patron des services de renseignements ». « Louisa Hanoune est dans son rôle de dirigeant politique qui a droit d’avoir des contacts avec les responsables en poste », s’interrogeant pourquoi les rencontres de Gaïd Salah avec des dirigeants politiques sont légitimes. L’ancienne ministre a qualifié cette incarcération de « virage dangereux », espérant que le système en place
« se rattrape en libérant Louisa Hanoune et en ne reproduisant pas cette erreur avec d’autres », a-t-elle dit.<