C’est un bilan plutôt positif que dresse l’Office national des statistiques (ONS) sur l’activité industrielle du 4e trimestre 2018. Celle-ci a connu une hausse qui s’est traduite par l’utilisation à plus de 75% des capacités de production des entreprises, publiques et privées confondues, durant cette période, précise l’ONS, dont l’enquête a porté sur un échantillon de 445 entreprises et filiales, dont 181 publiques et 264 privées. Cette tendance haussière a été également observée au niveau de la demande en produits, notamment en provenance des secteurs des mines et de l’agroalimentaire, dont 20% des entreprises publiques et plus de 16% de celles du privé n’ont pas satisfait la totalité des commandes reçues, souligne l’ONS. Et pour cause, les matières premières ont fait défaut et privé les usines de tourner à un régime pour satisfaire la demande réelle.
Pour les trois derniers mois de l’année dernière, l’approvisionnement en matières premières a été inférieur au niveau de la demande exprimée, ce qui a engendré des ruptures de stocks chez près de 26% des entreprises publiques et 13% des entreprises privées. Ce qui a induit des arrêts de travail dans les deux secteurs, note encore l’Office. Outre les ruptures de stocks, de nombreuses entreprises ont été pénalisées par des pannes d’électricité, engendrant des arrêts de travail de moins de 12 jours chez 19% des entreprises du secteur public et 22% de celles du privé. Aux coupures d’électricité se sont ajoutées des contraintes de transport public chez 8% des entreprises publiques concernées par l’enquête de l’ONS. Sur le registre de l’emploi, les responsables des entreprises enquêtées du secteur public ont signalé une hausse de leurs effectifs, alors que ceux du secteur privé ont fait part d’une baisse. Quant au niveau de qualification du personnel employé, il a été jugé « suffisant » par près de 79% des enquêtés du secteur public et la majorité des enquêtés du secteur privé. Le problème de recrutement s’est toutefois posé dans les deux secteurs, 20% de patrons de sociétés publiques et 29% de sociétés privées ont déclaré avoir trouvé des difficultés.
Les difficultés de recrutement se sont posées notamment pour le personnel d’encadrement et de maîtrise. Cependant, près de 74% des enquêtés du secteur public pensent que même s’ils recrutaient du personnel supplémentaire, cela n’augmenterait pas davantage le volume de leur production actuelle, fait savoir l’Office. Une situation qui pourrait s’expliquer par l’incapacité des entreprises à tourner à plein régime face aux problèmes qu’elles rencontrent.
Ainsi, outre les ruptures de stocks, les pannes d’électricité et les problèmes de transport, le secteur public a fonctionné à 50% de son potentiel de production pour cause de vétusté ou de surutilisation, engendrant des arrêts de travail allant jusqu’à 30 jours, contre 6 jours chez les entreprises privées dont le potentiel de production a souffert de pannes durant le trimestre de référence. Près de 60% des enquêtés du secteur public et près de 38% de ceux du privé ont remis en marche leurs équipements après une panne, tandis que plus de 74% des premiers et plus de 83% de ceux du privé ont déclaré pouvoir produire davantage en renouvelant l’équipement et sans embauches supplémentaires du personnel, poursuit l’ONS. Concernant la situation financière des entreprises touchées par l’enquête, elle a été jugée « bonne» par 37% des chefs d’entreprise du secteur public et près de 39% de ceux du privé. En terme de financement, près de la moitié des représentants du secteur public et plus de 29% de ceux du privé ont recouru à des crédits bancaires et la plupart n’ont pas trouvé de difficultés à les contracter.
Par ailleurs, les chefs d’entreprise des deux secteurs concernés par l’enquête ont affirmé que l’allongement des délais de recouvrement des créances, les charges élevées, le remboursement des emprunts ont continué d’influer sur l’état de la trésorerie. En matière de prévisions, les chefs d’entreprises concernées par l’enquête, dans les deux secteurs, prévoient une hausse de la production, de la demande et des effectifs. Ils prévoient également une stabilité des prix de ventes et envisagent, par ailleurs, de bonnes perspectives de leur trésorerie. Reste à savoir si ces prévisions des chefs d’entreprise ont été faites avant ou après le 22 février.n