La mise sous mandat de dépôt à Blida de Louisa Hanoune par la justice militaire continue à susciter l’incompréhension, laissant perplexe la classe politique et les citoyens. C’est la première fois dans l’histoire qu’une personnalité politique publique se retrouve dans une telle situation sous des accusations relevant de ce type de juridiction. Certains rappellent à juste titre que toute personnalité politique est dans son rôle lorsqu’elle rencontre publiquement ou officieusement des responsables politiques ou militaires pour discuter de l’état du pays. Que l’on soit d’accord avec elle ou non, qu’on l’aime ou pas, Louisa Hanoune est une personnalité marquante de la vie politique nationale. L’on ne peut, en effet, s’empêcher d’être inquiets pour l’avenir, alors que le pays est bloqué et traverse une grave crise politique qui ne donne aucun signe de début de dénouement. Encore moins des indications de retour à une situation normale. Il ne s’agit nullement d’insinuer que Hanoune n’est pas justiciable comme tous les Algériens, mais de demander des explications sur une incarcération qui suscite de l’incompréhension. Quel danger fait peser sur le pays cette personnalité politique qui a toujours alerté contre les interventions étrangères et défendu la souveraineté nationale ? Le fait que la justice militaire soit avare en communication sur une affaire annoncée comme grave rajoute à l’indignation concernant cet acte jugé arbitraire. Le mouvement populaire a prouvé vendredi passé qu’il reste un acteur inévitable de la solution à la crise. La revendication populaire pour un véritable changement et non pas de liftings cosmétiques est particulièrement affirmée. L’incarcération de Louisa Hanoune aura probablement joué inconsciemment sur la volonté d’affirmation des Algériens. Autant la détention de certains hommes d’affaires ou des trois hauts responsables militaires et politiques a suscité débat et division, autant l’emprisonnement de la présidente du Parti des travailleurs semble ne pas passer. Les Algériens sont décidés à construire un Etat de droit dans lequel la justice, en leur nom, sera rendue en toute transparence. C’est cela leur priorité.