Golden State a fait mentir les pronostics les plus pessimistes qui lui prédisaient une déroute après la blessure de Kevin Durant. Dans la nuit de vendredi à samedi, les doubles champions NBA en titre sont allés chercher à Houston leur qualification pour la finale de la conférence Ouest (113-118).
Les Warriors vont encore hanter les cauchemars des joueurs et supporters de Houston dans l’intersaison. Pour la quatrième fois en cinq ans, ils ont éliminé les Rockets des playoffs NBA. Mais cette défaite à domicile vendredi (113-118) et cette élimination (4-2) «vont laisser des traces et être difficiles à digérer», a reconnu Mike d’Antoni, l’entraîneur de Houston.
Car même s’ils étaient menés 3-2 et n’avaient plus le droit à l’erreur, les Rockets abordaient ce match N.6 en favoris. Nombre d’observateurs les voyaient même mettre fin au règne de Golden State en s’imposant à domicile puis en remportant le match N.7 décisif à Oakland qui aurait été joué aujourd’hui.
Golden State se présentait en effet sans son meilleur marqueur Kevin Durant (34,2 points par match), blessé au mollet droit lors du match précédent et indisponible au moins une semaine, tandis que Stephen Curry affichait une inquiétante méforme. Le meneur des Warriors n’a pas dissipé cette impression lors des deux premières périodes qu’il a terminées sans avoir marqué un seul panier.

«Je n’arrivais pas à entrer dans le match»
Mais son coéquipier Klay Thompson n’a pas raté son départ (21 points lors des deux premières périodes sur un total de 27) et a permis à son équipe, avec l’aide des remplaçants (20 pts à la pause), de rester dans la partie (57-57 à la pause).
Au retour des vestiaires, Curry a fini par retrouver sa diabolique adresse au tir et a assommé Houston avec 33 points. «Ce match résume le joueur exceptionnel qu’est ‘‘Steph’’ Il était transparent avant la pause et faisait des fautes grossières, mais il s’est accroché et a réussi l’un de ses meilleurs matchs de la saison», a résumé son entraîneur Steve Kerr.
«C’est l’une des victoires les plus satisfaisantes de notre histoire commune depuis cinq ans», s’est félicité le coach des Warriors. «Je n’ai sans doute jamais vécu un match où j’ai montré deux visages aussi différents, mais je n’arrivais pas à entrer dans le match et à trouver mon rythme lors des deux premières périodes», a expliqué Curry.

Curry remercie Thompson
«J’étais plutôt mauvais avant la pause. J’ai raté tous mes shoots, je me suis vite retrouvé avec trois fautes personnelles, le seul point positif, c’est que je n’ai pas perdu de ballon, mais je me suis dit qu’un match durait 48 minutes», a-t-il poursuivi, avant d’insister sur le rôle capital de son coéquipier Klay Thompson. «C’est lui qui nous offre cette victoire en nous maintenant à flot», a estimé le triple champion NBA.
Golden State va devoir patienter jusqu’à dimanche pour savoir qui de Denver ou de Portland, dos à dos (3-3), sera son adversaire en finale de conférence, l’équivalent des demi-finales. L’élimination de Houston est un nouvel échec retentissant pour le MVP en titre et meilleur marqueur du championnat 2018-19 James Harden, qui court toujours après son premier titre NBA. «The Beard» a pourtant marqué 35 points en 39 minutes, mais il a manqué de précision aux lancers francs (7 réussis sur 12 sifflés). Il n’a pas réussi à stopper l’hémorragie durant le 4e quart-temps, confirmant sa réputation de joueur fragile dans les moments importants. Chris Paul (27 pts) s’est lui rebellé, mais il s’est retrouvé trop seul face à des Warriors survoltés en fin de match à l’image de Draymond Green (8 pts, 10 rbds, 7 passes décisives). «Ils ont mieux joué que nous, ils ont été plus malins et ont marqué des paniers aux moments importants, c’est aussi simple que cela», a résumé Paul, dépité.