La scène du Palais de la culture Moufdi-Zakaria, d’Alger a vibré, jeudi, aux rythmes rock, gnaoui, folk ou encore chaâbi, marquée par la participation d’une pléiade d’artistes dont Sidou la dose, Hayet Zerrouk, Ayoub Medjahed ou encore Jaz mine, lors d’une soirée en hommage au regretté Yazid Aït Hamadouche, animateur à la Chaîne III, qui nous a tragiquement quittés en août dernier.

Cette soirée a ainsi donné le coup d’envoi de la manifestation, intitulée «After Ftour», organisée par l’Office national des droits d’auteurs et droits voisins (Onda), durant trois soirées consécutives, afin d’honorer la mémoire de l’initiateur du concept Yazid Aït Hamadouche, en perpétuant ces soirées dédiées à la nouvelle scène musicale algérienne qu’il avait lancées en 2014. Pour cette première soirée artistique, l’ambiance était forte en émotion dans une salle marquée par la présence d’un nombreux public, composé de fans, d’artistes et d’amis et proches de Yazid qui n’ont pas hésité à venir soutenir ce projet « After Ftour » poursuivi par l’Onda. Le rappeur Sidou la dose a, ainsi, ouvert le bal en rendant un hommage particulier à Yazid, avec l’interprétation du titre «Bye Bye mon frère». Une chanson personnelle à travers laquelle le chanteur remémore les magnifiques souvenirs qu’il a partagés avec le défunt. Dès les premières notes, les présents sont profondément touchés par les paroles et fortement émus par le flow du talentueux, rappeur algérien découvert par Yazid Aït Hamadouche. Après ces instants de recueillement, l’ambiance a complètement changé avec Abdou El Gnawi et son orchestre, qui a pris la relève sur scène, en interprétant «Lalla roukaya» dans un genre jedba. Au fil du rythme qui monte, la salle entre en transe, tapant des mains et esquissant des mouvements de danse, loin de la tristesse qui a imprégné la première partie de la soirée. Une véritable ode à la joie de vivre, une des qualités indéniables de l’animateur radio disparu qui était très populaire parmi les jeunes. Suite à cette prestation, les mélomanes ont chaleureusement applaudi l’artiste gnawi pour son show et son professionnalisme. La soirée s’est poursuivie avec la jeune artiste Hayet Zerrouk qui a voulu rendre hommage à son ami par son titre préféré, à savoir «Hadi hia Denya». Une talentueuse interprétation qui a beaucoup touché le public, appréciant ce moment tout en contemplant le portrait de Yazid affiché sur le grand écran qui domine la scène. Hayet Zerrouk confiera sur scène que «ce titre était le préféré de mon ami Yazid qui me le réclamait à chaque fois que nous nous rencontrons. Il disait que cette chanson est touchante et très profonde». Ajoutant, toute émue, «c’est grâce à Yazid que mon premier album « Lahna » a connu un succès, il l’avait défendu jusqu’à la signature avec l’éditeur». Alternant moment d’émotion et instant plus léger, c’est au tour de l’artiste Jaz-Mine d’enflammer la scène en déchaînant le public avec une interprétation originale du titre à succès «La liberté» d’Abderraouf Derradji, plus connu sous son nom d’artiste Soolking. Dans le même esprit de chanson engagée et afin de marquer son retour sur la scène artistique, le talentueux artiste Ayoub Medjahed a subjugué le public par sa touche africaine. En effet, il rendra hommage lui aussi à Yazid par l’interprétation de son titre dédié à Madiba «Nelson Mandela», dans lequel il rend hommage à la patrie mais aussi aux hommes dont le sang a coulé pour un monde meilleur. Parmi les nombreux témoignages qui ont marqué cette soirée, en hommage à celui qui avait réussi à semer l’espoir dans le cœur des jeunes, qu’il a aidés à faire éclore leurs talents et leur créativité, celui de l’ex-directrice de la Chaîne III, Maya Bahidj. Elle n’a pas raté l’occasion d’être présente pour témoigner sa solidarité à cette «magnifique» manifestation. Elle confie que «cette soirée est à l’image de Yazid Aït Hamadouche, fraîche, jeune et très rythmée. En sa mémoire, il faut alors continuer, lutter et marcher pour lui». Quant à Samira Chouadria, d’Alger Chaîne III, elle souligne que «Yazid a laissé un précieux héritage, ce sont les jeunes talents et les artistes montants qu’il avait tant encouragés et poussés de l’avant pour qu’ils réalisent leurs rêves». C’est dans cet esprit de perpétuer le rêve et l’héritage artistique du regretté Yazid, que les artistes Nassim El Bey, Farida Rguiba et Mazi ont aussi apporté leur participation à cette initiative qui a été au-delà des attentes du public. Les nombreux présents ont ainsi confié d’une voix unanime qu’ils avaient apprécié chaque seconde de la soirée. Ils ont aussi exprimé leur gratitude aux efforts déployés pour ce vibrant hommage à Yazid Aït Hamadouche, qui nous a quitté à jamais. Un artiste, qui, derrière son micro à la radio, avait accompagné des millions d’Algériens par la puissance de sa voix angélique.n