L’Assemblée populaire nationale (APN) a finalement repris ses travaux en séance plénière, avant-hier, sous la présidence du très contesté Mouad Bouchareb, dont les jours sont désormais comptés à la tête de cette institution vu le refus de le voir encore à ce poste de ceux-là-mêmes qui l’ont plébiscité il y a quelque temps.
La reprise des plénières était programmée initialement jeudi dernier, mais elle a été reportée la veille sans aucune explication de la Chambre basse, ce qui a laissé place à de nombreuses supputations.
Qui évoquait le coup de force de Bouchareb pour arriver au poste de président de l’APN et qui ressortait l’histoire du cadenas qui lui avait valu le sobriquet de «l’homme au cadenas», etc.
C’est dire que l’impopularité de l’homme était certainement pour beaucoup dans le report, ensuite dans le boycott des séances plénières.
En tout état de cause, la séance d’avant-hier, qui était consacrée aux questions orales à quelques ministres, s’est déroulée dans un hémicycle quasi-vide, l’ensemble des représentants du peuple, toutes tendances confondues, ayant opté pour un boycott pur et simple. Une poignée de députés seulement étaient présents car auteurs des questions aux membres du gouvernement.
Mais si l’on s’attendait au boycott des députés de l’opposition, il n’était pas vraiment certain que ceux du Front de libération nationale (FLN), auquel appartient le président de l’APN, en fasse de même et boudent la séance, allant jusqu’à déclarer Mouad Bouchareb persona non grata à la chambre basse du Parlement en lui demandant carrément de démissionner. Six députés du FLN, trois vice-présidents de l’APN et trois présidents des commissions permanentes ont rédigé et signé un communiqué dans lequel ils ont demandé clairement à Mouad Bouchareb de présenter sa démission. «Cette démarche s’inscrit dans le cadre des revendications du mouvement populaire et intervient en adéquation avec les orientations de notre parti, direction et militants, afin de garantir la stabilité de l’APN et le bon déroulement de ses travaux en cette conjoncture que traverse le pays», est-il noté dans le communiqué, signé par les vice-présidents Mohamed Moussaoudja, Mourad Helis et Abderrezak Terbèche, ainsi que par les présidents des commissions des finances et du budget, de la santé, des affaires sociales, du travail et de la formation professionnelle, de l’agriculture et de la pêche et, enfin, de la protection de l’environnement.
Après avoir demandé à Mouad Bouchareb de «répondre immédiatement aux revendications exprimées par le peuple», les signataires ont affirmé que la position qu’il prendra «donnera inéluctablement une image civilisée de notre institution constitutionnelle et évitera le recours à d’autres actions susceptibles de faire remonter le peuple algérien contre nous». «En l’absence d’une réponse, nous, représentants des structures de l’APN, sous la bannière du parti FLN, tenons à vous informer que nous allons boycotter toutes les activités et travaux que vous présiderez dorénavant», avertissent les signataires du communiqué.
Au chapitre des boycotts, il convient de noter que le groupe parlementaire du FLN a boycotté la journée parlementaire consacrée aux événements du 8 Mai 1945 à l’APN en signe de contestation contre Bouchareb.
Celui-ci, rappelle-t-on, a remplacé Saïd Bouhadja à la présidence de l’APN en octobre 2018, après que ce dernier eut été empêché de rejoindre son poste lorsque des députés, à leur tête Bouchareb, lui avaient retiré leur confiance et cadenassé la porte de l’APN. I. D.