L’avenir de la Caisse nationale des retraites (CNR) sera débattu prochainement. Ce tour de table, a indiqué, avant-hier jeudi, le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, réunira «tous les partenaires économiques et sociaux». Il associera des «experts» pour un échange «sans exclusion» sur la manière de gérer la caisse et préserver ses équilibres financiers actuellement menacés, a rappelé le ministre. Hassan Tidjani Haddam a fait cette déclaration en marge d’une rencontre avec des directeurs des agences de wilaya de la CNR.
Il a également indiqué, selon l’APS, que son département «a ouvert récemment des ateliers de réflexion pour l’élaboration de propositions et de solutions liées notamment aux équilibres financiers, à la rationalisation des dépenses et au renouvellement de la gestion» de la Caisse des retraites. Cela voudrait dire que le débat qu’il a annoncé est en cours et que ses conclusions vont être rendues publiques prochainement avec l’objectif «d’introduire des réformes et améliorer le système» des retraites dans le pays : une question à l’ordre du jour depuis trois années au moins et qui suscite une polémique sur le constat de faillite annoncé par les responsables du secteur, dont l’ancien ministre Mourad Zemali. Le système national des retraites «fait face, depuis des années, à des difficultés financières dues à plusieurs facteurs objectifs et autres structurels, à l’instar de la faible croissance des revenus de cotisations, particulièrement durant la période allant de 2015 à 2018», a rappelé M. Tidjani Haddam. Entre autres causes, il a évoqué «l’augmentation constante des dépenses avec un taux de croissance annuel estimé à 18% entre 2010 et 2018, en raison de la revalorisation annuelle des avantages de retraite, qui a fait augmenter la moyenne des pensions de 80% durant la période 2010-2018, de l’augmentation des salaires à partir de 2012 et des départs massifs en retraite anticipée».
«Pour préserver la pérennité du système de retraites, les pouvoirs publics se sont engagés à garantir le versement des pensions de retraites quelles que soient les conditions, en dépit des difficultés financières ayant touché le Trésor public
ces dernières années», a souligné M. Haddam, affirmant que l’Etat «n’abandonnera jamais ses retraités». Le ministre a rappelé l’attachement de l’Etat à accompagner la CNR à travers une série de mesures, notamment l’affectation de 500 milliards de dinars du budget de l’Etat à la couverture des pensions de retraite au titre de l’exercice 2018, un crédit à long terme accordé par le Fonds national d’Investissement (FNI) au titre de l’exercice 2019, ainsi que l’introduction d’une taxe douanière de l’ordre 1%, au titre de contribution de solidarité, applicable aux opérations d’importation de produits destinés à la consommation en Algérie.
Selon le directeur général de la CNR, Slimane Melouka, «le nombre des retraités a atteint à fin avril 2019, les 3,2 millions contre 2,6 millions fin 2014». Il a précisé que «les dépenses annuelles de la CNR en la matière sont passées de 803 millions de dinars en 2014 à 1,282 milliard de dinars fin 2018».