Ramdane Taâzibt, membre de la direction du Parti des travailleurs (PT), annonce un sit-in, aujourd’hui, devant le Tribunal militaire de Blida pour dénoncer la détention de Mme Louisa Hanoune, secrétaire générale du parti. Il explique que Mme Hanoune est une détenue politique, relevant qu’elle n’a pas pris part à la réunion dont les participants sont accusés «d’atteinte à l’autorité de l’Armée» et de «complot contre l’autorité de l’Etat».

Reporters : Louisa Hanoune a été placée en détention provisoire après sa convocation par le Tribunal militaire en qualité de témoin. Quels sont les motifs de son incarcération ou chefs d’inculpation requis contre elle ?
Ramdane Taâzibt : Le Parti des travailleurs ignore pour le moment les motifs de la convocation et, ensuite, de l’arrestation de la secrétaire générale du parti. Ajoutons à cela qu’on est un vendredi (hier), par conséquent, on ne peut se rapprocher du Tribunal militaire pour demander quels sont les griefs retenus contre la cheffe du PT.

Ce qu’il faut expliquer est que la mise en détention de Mme Hanoune est une dérive gravissime. Un acte de criminalisation de l’action politique indépendante et l’expression d’une volonté de mise au pas des militants et activistes par le pouvoir de fait.
Ce qui est, cependant, sûr, c’est que Louisa Hanoune est une détenue politique. Elle est incarcérée par rapport à ses positions politiques que tout le monde connaît.
Sa convocation n’est pas liée à sa présumée participation à l’affaire impliquant Saïd Bouteflika, Mohamed Mediène et Athmane Tartag, accusés d’atteinte à l’autorité de l’Armée et complot contre l’autorité de l’Etat.
Louisa Hanoune a des contacts avec des responsables de l’Etat comme tout chef de parti politique.
Mais elle n’a jamais pris part à la réunion dans laquelle les participants sont accusés
de comploter contre l’autorité de l’Etat et de l’Armée. Je le répète, le PT ignore, pour le moment, pourquoi sa secrétaire générale a été convoquée et pour quelle raison elle a été arrêtée.
Des partis politiques ont exprimé leur solidarité avec la secrétaire générale du PT. Prévoyez-vous une action en commun pour exiger sa libération et manifester ?
Je tiens tout d’abord à remercier tous les partis qui n’ont pas hésité à exprimer leur solidarité avec le PT.
Il y a des initiatives qui se préparent, mais on n’a pas encore pris de décision.
En principe, on prévoit d’observer aujourd’hui un sit-in de protestation devant le Tribunal militaire de Blida pour réclamer la libération de Mme Hanoune.

Le PT a-t-il désigné un avocat pour assurer la défense de Hanoune ?
Effectivement. C’est un collectif d’avocats qui va prendre sa défense, à l’image de l’avocat et activiste Mokrane Aït Larbi et Boudjemaâ Ghechir, l’ancien président de la Ligue algérienne des droits de l’Homme (Ladh).