Le géant pétrolier américain Chevron a finalement renoncé au rachat de son compatriote Anadarko, laissant la voie libre à Occidental Petroleum, dont l’offre était supérieure. Chevron a fait connaître sa position jeudi en annonçant, dans un communiqué, qu’il n’allait pas faire une contre-offre supérieure à celle d’Occidental.

Pour rappel, lundi dernier, le groupe Anadarko avait avisé Chevron qu’il avait jusqu’à vendredi (hier) pour faire une meilleure offre que celle proposée par son concurrent. Chevron indique qu’il n’a pas l’intention de surenchérir dans cette affaire en optant pour une décision qui vient mettre fin à une guerre des enchères qui dure depuis plusieurs semaines.
«Gagner dans n’importe quel environnement ne signifie pas gagner à tout prix. La discipline en matière de coûts et de capital a toujours de l’importance», a, en effet, déclaré le P-dg de Chevron, Michael Wirth, cité dans le communiqué. «Nous n’allons pas diluer nos rendements ni réduire la valeur pour nos actionnaires dans le seul but de conclure un accord», a-t-il ajouté. Le retrait de Chevron pourrait surprendre les nombreux analystes américains qui estimaient que, malgré son offre inférieure, le géant Chevron était disposé à reprendre Anadarko, sachant que ses activités correspondent mieux au portefeuille d’Anadarko. Le deuxième plus grand groupe pétrolier américain après Exxon Mobil peut «facilement» absorber une telle acquisition, considéraient les mêmes observateurs. Chevron cède donc devant l’offre d’Occidental, alors qu’il avait signé un accord définitif avec Anadarko le 12 avril. Du coup, ce dernier devrait verser un milliard de dollars à la major américaine au titre des frais d’annulation de l’accord de rachat. Pour rappel, l’offre de Chevron pour le rachat d’Anadarko s’élevait à 50 milliards de dollars, en incluant également la prise en charge de la dette nette et la valeur comptable des intérêts minoritaires, alors que celle d’Occidental Petroleum était de 57 milliards de dollars. Le rachat d’Anadarko par Occidental Petroleum ouvre donc grandes les portes du continent africain à Total, où le groupe français compte renforcer sa présence et faire fructifier davantage ses affaires. Dans cette perspective, Total a déjà signé un accord avec Occidental, portant reprise des actifs d’Anadarko en Algérie, au Ghana, au Mozambique et en Afrique du Sud. Occidental. Le coût de la transaction est de 8,8 milliards de dollars. La finalisation de l’accord est prévue pour 2020. Une fois cette étape atteinte, le géant pourra compter sur la présence en force d’Anadarko en Algérie où ce dernier est classé plus grand producteur de brut parmi les partenaires de Sonatrach, avec 260 000 barils/jour. Anadarko a d’ailleurs demandé l’extension de tous ses contrats d’exploitation d’hydrocarbures en Algérie. Le premier contrat portant sur le champ Hassi Berkine (HBNS) où le groupe exploite les blocs 404 et 208 arrive à échéance en 2023. Anadarko exploite également en partenariat avec Sonatrach le gisement El Merk à Illizi, qui représente l’une des plus grandes découvertes de brut réalisées en Algérie ces dernières années, avec des réserves estimées à 1,2 milliard de barils de pétrole et de condensat.
A noter que l’opération vente, conclue entre Occidental et Anadarko, s’inscrit dans la démarche du groupe américain qui a fait part de son intention de vendre la plupart des actifs d’Anadarko qui ne concernent pas le pétrole de schiste dans le cadre d’un accord qui consoliderait sa position dans le bassin permien, principal gisement de schiste américain situé dans l’ouest du Texas et au Nouveau-Mexique.