Lancée depuis le 18 avril dernier, la grève pour le départ du directeur se poursuit à la Caisse nationale des assurances sociales (Cnas) de Ouargla, même si un service minimum est assuré. En effet, plus de 450 employés exerçant à la direction de la Cnas et ses antennes dénoncent les problèmes de communication avec leur directeur. Aucune réaction des autorités au niveau locale ni de la centrale jusqu’à maintenant. Les travailleurs refusent tout dialogue avant le départ de ce responsable.
Ils dénoncent également l’absence d’un climat propice au travail, des abus de pouvoir, la discrimination entre les employés et des nominations illégales, ainsi que l’attribution indue de privilèges, la violation de la convention collective, les mutations abusives, l’utilisation des biens de l’entreprise à des fins personnelles et les poursuites judiciaires injustifiées contre des employés… «Nous avons vainement tenté de prendre attache avec le directeur. On a déployé tous les moyens et efforts pour rétablir la communication avec ce dernier et attirer son attention sur nos soucis et nos préoccupations, mais rien n’a abouti. Il a fallu passer par un huissier de justice pour lui transmettre une simple lettre», a déploré une cadre de la Cnas. Les contestataires déplorent l’échec de toutes les tentatives de dialogue avec ce dernier, qui refuse, selon eux, d’écouter leurs requêtes et d’y donner suite, et ce, depuis plusieurs années, raison pour laquelle ils ont décidé d’entrer en grève illimitée jusqu’à que la centrale assume ses responsabilités et prenne en charge toutes leurs revendications.
Bensalem Ali, cadre à la Cnas, et ses collègues, avec qui on s’est entretenu, ont accusé leur responsable de favoritisme et de copinage régionalistes, de non-respect des employés et de corruption. «Il se comporte comme le propriétaire de l’entreprise et non pas en gestionnaire», disent-ils. Une commission, composée de deux cadres de la direction générale de la Cnas Alger, s’est rendue, jeudi, pour négocier les revendications, mais les grévistes ont refusé de participer aux pourparlers sous prétexte que la centrale a tardé à réagir. La commission a été dépêchée après 18 jours de grève et après que 16 employés, dont la majorité des femmes, ont été traînés en justice par le directeur. Les grévistes dénoncent fortement les accusations «étonnantes», selon eux, qui ont été proférées à leur encontre. Ils ont été accusés d’entrave au fonctionnement de l’institution à travers la fermeture des portails de la structure, d’interdire aux cadres d’accéder et de paralyser les intérêts des adhérents. Ils exigent donc le départ définitif du directeur pour ouvrir le dialogue. Ces grévistes, qui se disent «victimes de marginalisation et d’oppression», sont déterminés à poursuivre leur action jusqu’à satisfaction de leurs revendications. «Le débrayage a engendré des pertes considérables pour l’entreprise. Les déclarations trimestrielles et mensuelles minimales des grands opérateurs pouvant atteindre 10 millions de dinars/mois alors que la Caisse compte plus de
5 000 entreprises adhérentes implantées surtout dans la zone économique de Hassi Messaoud. Nous pouvons donc imaginer le taux de perte enregistré et les risques qu’encourt l’entreprise si la crise persiste», nous lancent les grévistes. On a tenté de joindre le directeur de la Cnas de Ouargla, en vain.