Les prix des fruits et légumes, des viandes rouges, des épices, des fruits secs, des arômes et autres ingrédients flambent depuis la veille du premier jour de Ramadhan, une habitude ancrée dans les esprits de nos commerçants depuis des décennies et une réalité amère que ni les instructions ni les menaces des directions des commerces ni les sorties inopinées de leurs agents de contrôle ne pourront changer. Les commerçants et les agents de contrôle se connaîssent très bien, il suffit qu’une équipe de contrôleurs pointe du nez dans un quartier que par enchantement tous les rideaux baissent. De nos jours, les agents des directions de commerce craignent pour leur vie, aussi ce n’est pas un hasard si plusieurs contrôleurs et inspecteurs ont été agressés, chassés ou humiliés par des commerçants sans que des suites ne soient données à ces violences physiques ou verbales. Une anarchie sans nom règne dans le monde du commerce sans que personne ne trouve à redire. Les grossistes imposent leurs prix, les détaillants imposent les leurs et le consommateur, dindon de la farce, achète, c’est la loi du plus fort et non du commerce qui est appliquée dans nos marchés. La liberté des prix étant légale car autorisée par le code du commerce, l’on se demande pourquoi le ministère de tutelle impose en ce mois de jeûne des marges bénéficiaires, un état de fait que les commerçants réfutent catégoriquement. Les détaillants achètent sans factures, les grossistes n’en délivrent pas, sur quelles bases se fera le contrôle quand aucun document d’achat ou de vente n’existe. Un vrai dilemme. Les citoyens au vu des marges et prix publiés dans les journaux et les réseaux sociaux sont unanimes à dire que, hasard ou coïncidence, ce sont, à 20 ou 30 dinars près, les mêmes prix affichés par les détaillants. Que gagne le consommateur dans l’affaire ? n