Décidément, la Fédération algérienne de boxe (FAB), qui vit depuis le 26 octobre dernier une situation de blocage, n’est pas près de retrouver sa stabilité en dépit de la réhabilitation, par le ministre de la Jeunesse et des Sports, du président déchu de la Fédération algérienne de boxe (FAB), M. Mohamed Nadjib Nehasia. En effet, le président par intérim de l’instance fédérale, Mourad Ouhib, et un membre du bureau fédéral actuel de la même instance, à savoir M. Othmane Laazizi, contestent cette réhabilitation qui est, selon eux est « illégale ».

Le président par intérim Mourad Ouhib se déclare « consterné par l’évolution des faits, notamment avec cette réhabilitation, à l’encontre de la réglementation, de Nehasia. J’aurai souhaité que les choses évoluent dans le bon sens, à un an des Jeux olympiques 2020. Hélas, on a voulu autrement au niveau du MJS. Pour ce qui est de notre légitimité, je souligne que l’Association internationale de boxe amateur (AIBA) a donné l’agrément au nom de Abdeslam Draâ et des noms de notre bureau fédéral.»

Rejet unanime
De son côté, M. Othmane Laâzizi tient à rappeler que « nous avons signé à l’unanimité un premier retrait de confiance contre Nehasia. Les deux tiers de l’assemblée générale avaient voté pour le retrait. Après la décision qui n’obéit à aucune règle du MJS, nous allons faire appel une nouvelle fois à l’AG et déposer un second retrait de confiance dans la mesure où Nehasia veut regagner son poste, et ce, en dépit de l’illégalité de sa situation.»
Plus explicite, Laazizi, membre du BF actuel, insiste à dire que Nehasia n’a plus le droit, ni d’être président ni membre de l’AG. Laâzizi tient également à rappeler les statuts de la FAB en indiquant que la suspension de Nehasia a duré deux ans. Ce qui veut dire qu’elle a largement dépassé les délais de trois mois exigés par les statuts. D’ailleurs, « Nehasia est refusé par tous les membres du BF sans exception » fait-il remarquer avant de conclure qu’ « en tant qu’équipe fédérale, nous n’allons plus tolérer que la boxe reste otage d’un certain clan qui travaille dans les coulisses.».

Ce que prévoit de faire Nehasia
A la veille de la signature de la décision (dimanche 5 mai par le ministre) de réhabilitation, le président déchu, M. Mohamed Nadjib Nehasia, avait annoncé qu’«une fois la décision de réhabilitation signée par le ministre, je demanderais à la tutelle de désigner deux inspecteurs et un huissier de justice pour pouvoir réintégrer mon poste de président, chose très complexe par rapport à la position de l’actuelle équipe fédérale vis-à-vis de ma personne. Je détiens des atouts graves sur l’actuel bureau fédéral, et dès mon retour à la fédération, je lancerais une passation de consignes et je demanderais un audit externe sur la gestion financière et administrative durant la période de Mourad Ouhib, président par intérim de la FAB», avait déclaré au début du mois en cours le désormais président de la Fédération algérienne de boxe.
Le bras de fer entre Nehasia et le bureau fédéral de la FAB continue donc au moment où les équipes nationales de boxe préparent les prochaines échéances, dont les Jeux olympiques 2020.

Les conséquences de la sanction
Enfin, il est à rappeler que l’ex-ministre de la Jeunesse et des Sports,
M. El-Hadi Ould Ali, avait décidé d’abord de le suspendre pour «mauvaise gestion» avant de le déchoir de son poste par les membres de l’Assemblée générale, réunis en session extraordinaire le 15 juillet 2017 et une assemblée élective avait été organisée le 1er août de la même année, portant Abdeslam Draâ à la tête de la FAB.
Depuis le 26 octobre 2018, date de la fin de mission de l’ex-président Draâ, la FAB vit une situation de blocage et un vice-président, à savoir Mourad Ouhib, occupe le poste de président par intérim. A partir de cette date, deux assemblées électives avaient été reportées (17 novembre et 29 décembre 2018), sur injonction de l’Association internationale de boxe (AIBA) qui a demandé des explications sur les motifs du rejet des dossiers de candidatures de Nabil Sadi et Fazil Ferhat, réhabilités eux aussi par le MJS. Et cette situation a fait que l’Algérie perde sa représentativité au sein du Comité exécutif de l’AIBA.