Les travailleurs de l’Entreprise des tracteurs agricoles (Etrag) de Oued-Hamimime, dans la commune d’El-Khroub, semblent déterminés quant à un règlement du conflit qui les oppose au directeur du complexe ex-Sonacome. Ces mêmes travailleurs avaient bloqué entièrement la circulation automobile en dressant des objets hétéroclites sur la RN 5 reliant Khroub au chef-lieu de wilaya.

Estimant que le directeur de l’entreprise n’est pas à la hauteur de la confiance placée en lui, les travailleurs de l’Etrag avaient dressé un piquet de grève depuis le 7 avril dernier et n’en démordent pas, voulant tout simplement le départ du dirigeant des lieux. A la direction, les grévistes reprochent une gestion catastrophique, une mévente des produits de leur entreprise, caractérisés par le fruit de leurs efforts, sans que le premier responsable trouve une issue de vente pour les tracteurs. « Il y a plus de 2 500 tracteurs stockés çà et là en train de pourrir sans que le directeur ne s’en inquiète. A terme, nous sommes conscients que notre entreprise va fermer ses portes ou être revendue à un particulier et les travailleurs vont se retrouver à la rue », nous expliquera un syndicaliste quant aux raisons de la grève initiée qui dure maintenant depuis plus d’un mois. Les protestataires réclament, en outre, le versement à tous les travailleurs en grève de la paie du mois d’avril, chose que la direction du complexe réfute dans le fond et dans la forme, estimant «que la grève est non seulement illégale, mais en plus, les grévistes empêchent les personnes qui ne partagent pas leurs idées de rejoindre leur poste de travail. C’est pourquoi, il n’est pas question de verser un salaire à des personnes qui non seulement ne bossent pas, mais empêchent les autres de le faire».
Tu ne travailleras point !
Le problème de l’entreprise a débordé hors du cadre de l’entreprise, puisqu’en fermant l’un des principal accès à Constantine via Khroub, les frondeurs ont voulu attirer l’attention de la tutelle « qui ne s’est pas manifestée et n’a émis aucun signe envers nous », nous dira encore un contestataire. Ce dernier et ses camarades ont voulu frapper fort en demandant tout simplement à ce que le wali de Constantine se déplace en personne pour qu’il enregistre leurs doléances. Ce à quoi ce dernier a opposé un niet catégorique, estimant « qu’il n’était pas question de se rendre sur le lieu de la grève et parlementer avec les grévistes». Un refus renforcé sans doute par le vent du «dégagisme» qui caractérise les sorties des officiels, aussi bien locaux que nationaux. Néanmoins, Abdessamie Saidoune, le wali de Constantine, a révélé par ailleurs qu’il avait déjà reçu les membres de la section syndicale de l’Etrag et qu’il avait essayé de trouver une issue à la crise avec leur tutelle. D’ailleurs et à cet effet, une commission d’enquête a été dépêchée sur les lieux dernièrement pour prendre langue avec les grévistes en plus d’une autre ministérielle sans qu’une solution pointe à l’horizon, notamment celle ayant trait au paiement du salaire du mois d’avril. Et pour parer au plus pressé, le directeur de l’industrie de la wilaya a été mandaté par le wali pour rencontrer les contestataires. Des pourparlers ont été engagés dans l’après-midi de mercredi dernier, mais aucune issue n’a été enregistrée, chaque partie campant sur ses positions initiales. La section syndicale de l’UGTA Khroub, justifie l’impasse par l’impossibilité pour la direction d’Etrag de trouver l’argent indispensable pour satisfaire la revendication du paiement des salaires d’avril. « Les dirigeants du SGP ont abouti à des obstacles les empêchant de réunir la somme nécessaire pour payer les travailleurs. Ces derniers, et en ce début de Ramadhan, se retrouvent sans le sou, la majorité n’a que leur paie pour pallier aux exigences familiales », conclura notre interlocuteur, inquiet, comme tous les travailleurs et la direction de l’entreprise, de la tournure que prennent les choses. Car au tout début de la protesta, les futurs grévistes pensaient que les événements de ces dernières semaines aidant, la grève allaient être une formalité pour se débarrasser de leur premier responsable. Plus d’un mois après, l’impasse n’a été que le seul fruit récolté par les travailleurs de l’Etrag. n