La question de la sécurisation des biens culturels et des sites historiques, relevant du patrimoine, thème retenu pour célébrer le Mois du patrimoine (du18 avril au 18 mai), est la responsabilité des pouvoirs publics. Les services de gendarmerie, de la police, des douanes ou encore des garde-côtes veillent à leur protection, mais cette responsabilité incombe d’abord aux différentes structures du ministère de la Culture.
C’est dans cet esprit que le jour du lancement de la célébration du Mois du patrimoine, Fayçal Ouaret, le nouveau directeur de l’Office de gestion et d’exploitation des biens culturels protégés (Ogebc), a annoncé qu’un programme avait été lancé pour accroître les capacités de surveillance des sites.
Pour le responsable de l’Ogebc, il est nécessaire de professionnaliser l’acte de gardiennage, notamment en inculquant au personnel concerné un certain nombre de connaissances sur le patrimoine à préserver et la stratégie consiste à entamer des formations au profit du personnel en place. Le même responsable avait, par ailleurs, annoncé qu’un programme de sécurisation a été préparé visant à rénover les clôtures pour protéger les sites, une opération en cours en plus de mettre tous les sites relevant de sa structure sous télésurveillance. La célébration du Mois du patrimoine, qui entre dans le cadre des accords internationaux ratifiés par l’Algérie, notamment la convention de 1970, portant sur l’interdiction de l’importation, l’exportation ou le transfert des biens culturels, est une opportunité pour rappeler tout cela et mettre en place d’autres mesures de protection.
D’où l’importance du thème retenu, cette année, pour le Mois du patrimoine, à savoir la question de la sécurisation du patrimoine culturel qui est désormais un impératif face à la recrudescence du phénomène du trafic des pièces archéologiques et d’atteintes aux biens culturels.
Le concept de sécurisation des biens ne se limite pas au seul traitement sécuritaire, mais englobe, aussi, l’ensemble des mesures préventives à mettre en œuvre pour contrer tout préjudice. Pour ce faire, il faut davantage d’investissement dans la sécurité préventive et dans la formation avec la contribution de différents secteurs et la dynamisation du rôle de la société civile dans la sensibilisation à l’importance de préserver le patrimoine.
L’Ogebc a été créé en 2007, en remplacement de l’Agence nationale d’archéologie et de protection des sites et monuments historiques, en activité depuis 1987. Les missions de l’Office sont la gestion, la mise en valeur, la protection, l’entretien et la sécurisation les biens culturels matériels qui lui sont rattachés à travers le territoire national.
La célébration du Mois du patrimoine (18 avril au 18 mai) est passée complètement inaperçue dans la wilaya de Tipasa, n’était cette rencontre, à la villa Angelvy, de Dalila Zebda, enseignante d’archéologie à l’université de Tipasa et consultante de l’OGEBC où a été organisé un semblant de cérémonie d’ouverture de cette manifestation. Cette rencontre avec notre interlocutrice nous a permis d’aborder et de s’interroger sur le thème de ce Mois du patrimoine, en l’occurrence la sécurisation des biens culturels, de l’état des lieux du site de Tipasa, tout en évoquant les mesures prises afin de protéger le patrimoine qui consiste, à Tipasa, en des musées (Tipasa et de Cherchell qui est autonome et ne dépend pas de l’office), les parcs archéologiques est et ouest et le fameux Mausolée royal de Maurétanie, faussement appelé tombeau de la chrétienne, classés au patrimoine de l’humanité par l’Unesco depuis 1982.
Installation de la vidéo surveillance, formation et renforcement du personnel chargé du gardiennage, amélioration de la signalétique à l’intérieur des sites, renforcement de l’éclairage par panneaux photovoltaïques, équipement en talkie-walkie et extincteurs, tels sont les mesures prises en 2018 par l’office en réponse aux recommandations de l’Unesco entrant dans le cadre du Plan permanent de sauvegarde des sites et vestiges.