Gaïd Salah ne s’est pas exprimé directement ce mardi, mais la revue El Djeïch a pris le relais pour confirmer le complot ourdi contre l’Algérie par des parties non identifiées qui voudraient « une démocratie taillée à la mesure de leurs ambitions qui les ferait parvenir au sommet du pouvoir sans passer par la sanction des urnes». Sans les nommer, le chef d’état-major, par le biais des colonnes de la revue, pointe un doigt vers les parties et les partis qui demandaient, puis revendiquaient, ensuite exigeaient une période transitoire, rejetant la proposition de Abdelkader Bensalah de remettre sur rails l’élection présidentielle pour le 4 juillet prochain. Gaïd Salah reproche donc à ceux qui voudraient passer par la case transition de vouloir imposer leur point de vue, des personnes
« qui accusent ceux qui ne partagent pas leur avis » de « criminels et de traitre ». L’édito d’El Djeïch, donc la voix de l’armée et par ricochet de celle de Gaid Salah, a dû oublier que même si la totalité des partis a opté, après avoir sondé la direction du vent, pour la période de transition, le Hirak, nouveau souverain selon les articles 7 et 8 de la constitution, affiche clairement depuis la démission de Bouteflika son adhésion, lui aussi, à une période de transition. Sur les mêmes colonnes, il est fait aussi mention des promesses de l’Armée de ne
« verser aucune goutte de sang » des fils de l’Algérie. Sauf que ces derniers sont prêts à tout et n’envisagent pas un avenir du pays avec Bensalah, Bedoui et son gouvernement, l’APN et le sénat, répétant depuis le 22 février dernier le changement du système. C’est dire que l’équation qu’aura à résoudre Gaïd Salah, qui consiste à satisfaire les revendications de la rue tout en maintenant la date du 4 juillet prochain pour faire parler les urnes, n’est pas aussi simple que ça. La revue El Djeïch aura beau assurer que « l’Algérie est entre des mains sûres », il n’en demeure pas moins que la rue est toujours dans le doute quant aux intentions des uns et des autres. Et justement la suspicion de cette même rue envers la justice et les arrestations, qu’elle demandait pourtant, sont à la mesure des affirmations de l’éditorialiste d’El Djeïch qui fustigent « ces marionnettes et ces jouets qui attaquent aujourd’hui l’institution ANP, jettent la suspicion sur ses intentions… comme si l’ANP et son commandement lorgnaient du côté d’El Mouradia ou de l’avenue Zighoud Youcef ». Des allégations qui mettent définitivement de côté les assertions de ceux qui accusaient l’Armée d’avoir des ambitions présidentielles ou législatives. L’article ne manquera pas aussi l’occasion de réitérer son attachement à la vraie démocratie, celle exigée par le peuple algérien, et de rappeler à ceux qu’il qualifie de « chantres de la fitna » que finalement
« Chaâb-djeich, khaoua khaoua ».