«Je ne peux pas vous donner une date précise pour l’affranchissement total du projet. La livraison du téléphérique pour ses usagers reste toujours dépendante de l’arrivage des pièces de rechange de France, pour demeurer fidèle à la convention passée avec notre partenaire». Les affirmations d’un cadre venu spécialement d’Alger pour s’enquérir sur l’avancement des travaux du téléphérique, sonne comme un aveu d’impuissance ou d’ignorance du retard considérable pris dans «l’entretien périodique» du téléphérique. Bien que notre interlocuteur ait aussi signifié un arrivage important de pièces essentielles au fur et à mesure des travaux et leur montage, la réalité sur le terrain nous enseigne autre chose. Car de visu, nous constatons que les travaux sont loin d’avancer, sachant que ces derniers étaient en jachère pendant presque six mois après la fermeture du téléphérique. Notons que le téléphérique a cessé de survoler les gorges du Rhumel au mois d’avril 2018, suspendu pour une durée de 18 mois, pour «une remise à niveau, de contrôle et d’inspection», qui durera, quand même 18 mois. Force est de reconnaître que la date de livraison prévue au mois d’octobre 2019 ne sera jamais respectée, eu égard aux travaux qui peinent à s’affirmer. Des travaux ont bien été cochés au niveau de l’infrastructure de base qui constitue le bâti des trois stations, mais on constate que pour le moment, il y a plus de mise à terre des infrastructures existantes qu’édification de nouveaux murs. Mais depuis, il n’y a eu que les corbeaux qui voltigent au-dessus du sinueux Rhumel, reprenant de droit ce qui leur a été «volé» par l’oiseau de fer, sobriquet donné au téléphérique.
Ce retard n’arrange pas les affaires des habitants des hauteurs de Constantine, Djebel Ouahch, Ziadia, Emir Abdelkader et cité Loucif qui avaient pris l’habitude de prendre leur envol vers le centre-ville et la vieille ville en un voyage qui durait à peine dix minutes. C’est dire que la sanction de 18 mois qui leur a été infligée a été dure à avaler, en plus d’un retard qui se confirme et qui risque de rallonger une peine déjà pas évidente à supporter. Les responsables de l’Etac affirment pourtant que le retard ne sera peut-être que de «quelques jours», arguant que l’essentiel se passe dans des ateliers invisibles aux yeux de la population, bien que les travaux de génie civil disent le contraire de ce qu’affirment les tenants du projet de maintenance du téléphérique. Et, encore une fois, aucune date précise ne nous a été donnée quant à l’achèvement des travaux de génie civil et de maintenance. Exception faite, selon ce que nous avons pu glaner çà et là, du système électronique, le cerveau des installations, qui a été repris à zéro et dont l’avancement des travaux flirte avec les 95 %. Cela ne suffira pas sûrement à éteindre la rumeur selon laquelle le téléphérique pourrait voir ses travaux durer jusqu’en 2020. En tout état de cause, tous les travaux de maintenance initiés depuis l’inauguration du téléphérique ont duré plus de temps que ce qui a été avancé. Sauf que cette fois les durées ont défrayé la chronique locale, car des quatre à six semaines nécessaires à un check-up, l’on est passé cette fois-ci à 18 mois. Une opération de tout reprendre à zéro, pour des raisons que l’on ignore, et qui ne dit pas son nom. n