Les députés du Front de libération nationale (FLN) ont appelé, hier, Mouad Bouchareb à démissionner de son poste de président de l’Assemblée populaire nationale (APN).

C’est, en effet, à l’occasion d’une journée parlementaire sur les évènements du 8 Mai 1945 que les parlementaires de la formation majoritaire ont exprimé leur désaffection par rapport à Bouchareb. Avant même le début de la rencontre, des députés FLN se sont regroupés devant la salle qui devait abriter la rencontre. « Nous vous annonçons que nous boycottons la séance d’ouverture de cette journée parlementaire parce que l’ouverture se fera par une allocution de Bouchareb », explique d’emblée un député. Postés aux abords de la salle, ces parlementaires n’en démordent pas. « Nous allons juste boycotter l’ouverture de la rencontre en signe de protestation contre Bouchareb », a lancé une députée. Et c’est dans une ambiance électrique que Bouchareb a franchi le seuil de la salle. Conscient de l’opposition à son égard, le président de l’APN faisait grise mine. «Nous demandons à Bouchareb de démissionner simplement et clairement de son poste, et ce, en réponse à la demande du mouvement populaire», lance un député avant de préciser : «Nous sommes en phase avec les exigences du mouvement populaire quand il demande à Bouchareb de partir.» Un autre député FLN lance : «Le peuple a été très touché par les déclarations de Bouchareb depuis Oran, qui avait demandé aux gens de ne pas rêver. La conséquence a été pour nous d’entendre dans les manifestations de rue FLN dégage». «Ce n’est pas facile pour nous d’entendre un tel slogan en étant dans des marches au même titre que les citoyens. C’est pour cela que nous le prions de bien vouloir quitter le perchoir de l’APN », a-t-il précisé à ce propos. Cette première contestation des parlementaires FLN en appellera d’autres, nous expliquent des députés, qui promettent de « parasiter toute rencontre où sera présent Bouchareb jusqu’à ce qu’il parte ». « Il est inconcevable qu’on soit rejetés à cause de ses déclarations irresponsables et qu’on soit pointés du doigt par le peuple dont nous sommes issus», expliquent-ils. Ce n’est pas uniquement les députés qui en sont contre Bouchareb. Saïd Bouhedja, l’ancien président de l’Assemblée populaire nationale, compte quant à lui déposer une requête au niveau de la justice pour plaider l’irrégularité de l’élection de Bouchareb à la tête de l’APN : «J’avais saisi la justice quand ils avaient cadenassé l’entrée de l’APN m’empêchant de rentrer, mais sans aucun résultat. Mais maintenant que les choses ont changé avec le mouvement populaire, je compte réactiver l’action pour reprendre légalement ma place à la tête de l’APN», a indiqué Bouhedja, dans une déclaration à Reporters. C’est conscient de toute cette opposition que Bouchareb a pris la parole, dans une allocution d’ouverture : « l’Algérie fait face à de nombreux défis que nous devons relever impérativement tels qu’assurer la stabilité du pays. » Selon Bouchareb, «l’ANP se sacrifie pour préserver l’unité territoriale et le maintien de la sécurité au grand bénéfice du citoyen ».n