Après plus de dix mois de détention, le tribunal de Sidi M’hamed d’Alger a prononcé la relaxe de l’homme d’affaires Mourad Hadj-Saïd, patron d’AD Display, leader dans le domaine de l’affichage publicitaire.
Mourad Hadj-Saïd était sous mandat de dépôt depuis le 3 juillet 2018. L’homme d’affaires, surnommé le big boss «des panneaux publicitaires», en raison de son leadership datant de plusieurs années sur le marché de l’affichage publicitaire, a été accusé d’avoir planté des panneaux publicitaires sans respecter la réglementation. Pis encore, les autorités lui reprochaient de ne pas avoir versé plus de 500 millions de dinars dans les caisses du Trésor Public pour s’acquitter des redevances dues aux communes de la wilaya d’Alger. Il était également accusé dans une affaire d’homicide involontaire à la suite de la mort d’un homme, lors de la chute malheureuse du grand panneau publicitaire du virage «S» de Ben Aknoun. Suite à cet accident, tous les panneaux implantés à Alger par cette entreprise ont été démontés et le marché a été ouvert à la succession. Après avoir été reporté cinq fois de suite, le procès de l’homme d’affaires a eu lieu, le 25 avril dernier, au Tribunal de Sidi M’Hamed. A l’issue de l’audience, Mourad Hadj-Saïd a assuré qu’il était innocent, précisant «avoir payé le loyer auprès de toutes les agglomérations où il était installé». Présentant tous les documents, il a souligné «qu’il n’était pas le seul bénéficiaire des appels d’offres lancés par la wilaya d’Alger». Les avocats du prévenu avaient relevé un dossier trop léger pour l’incarcérer. La défense a évoqué également une situation de blocage créée par les APC. Ils ont affirmé que la société les avait relancées pour avoir des ordres de versement afin de les payer. Sans succès. Selon eux, AD Display a saisi également ces communes pour renouveler les contrats et n’avait pas reçu de réponse, selon les mêmes sources.
Le Parquet avait surpris l’assistance par son réquisitoire totalement en faveur de l’homme d’affaires. Il s’était dit totalement surpris par le dossier qui lui a été présenté.
« Un dossier vide », avait-il déclaré relevant l’absence d’expertise dans un dossier où il était question de dilapidation de deniers publics et de détournement. Le magistrat avait demandé l’application juste de la loi pour les quatre accusés (dont des P/APC). Le réquisitoire a été salué par tout le monde. La Cour a suivi donc le magistrat en prononçant, hier, la relaxe.