PAR AMEL BELABED
Les usagers du transport ferroviaire sont en colère à cause des retards de plus en plus longs de l’arrivée des trains. Le défaut de ponctualité n’est pas nouveau, mais « le retard tend visiblement à devenir insupportable», s’indignent des utilisateurs du rail. Circonstances aggravantes, ce retard coïncide avec les premiers jours de Ramadhan.
En effet, dès le premier jour du mois de carême, les trains qui, d’habitude, ne respectent pas les horaires établis en faisant des retards de 15 à 20 minutes, accentuent cette entorse à la ponctualité en doublant, voire triplant la durée du retard. « On n’en peut plus de cette mascarade, on a l’habitude de faire des retards de 20 minutes mais là, depuis le premier jour de Ramadhan, on fait face à des retards allant parfois jusqu’à deux heures. C’est inadmissible ! » s’indigne une habituée du transport ferroviaire entre Boumerdès et Alger. Comment expliquer ce dérèglement ? En quoi le jeûne impacte-t-il le déroulement du transport ferroviaire ? Comment remédier à cette situation qui ne tardera pas à faire grand bruit ? Nous nous sommes rapprochés des agents des gares ferroviaires qui livrent des pistes d’explications d’un dérèglement qui pèse sur le quotidien des usagers. « Il y a un véritable dérèglement au niveau du mécanisme des locomotives, ce qui oblige les conducteurs à éteindre le moteur pour qu’il refroidisse. Ces opérations répétées engendrent des retards entre chaque commission », déclare un agent de la gare ferroviaire de Boumerdès.
Le problème serait mécanique donc, comme le confirme un usager de la même gare. « J’ai effectivement remarqué certaines anomalies lors de mes trajets en train ces derniers temps», a-t-il relevé. Pour notre interlocuteur, « la locomotive prend un temps fou à se déplacer. Les arrêts de l’appareil se multiplient, les freins d’arrêt d’urgence se déclenchent à tout va, ce n’est vraiment pas rassurant. Ajoutez à cela des retards importants. Franchement, c’est trop ». Une situation qui aurait pu empirer durant ces premiers jours de Ramadhan, selon des témoignages. « A vrai dire, on assiste à un véritable laisser-aller surtout en cette période de jeûne. La SNTF est loin de prendre au sérieux le respect des horaires. C’est complètement paradoxal, c’est en ce mois béni qu’il faut redoubler d’efforts pour respecter le temps car son importance est doublement cruciale », s’insurge un autre habitué de la ligne menant vers la capitale. Il faut savoir, par ailleurs, que la SNTF a aménagé des horaires dédiés au Ramadhan, loin de satisfaire les usagers. « C’est à croire que la SNTF s’amuse à jouer avec nos nerfs. On nous dresse une liste d’horaires qui, au premier abord, paraît concordante avec le contexte de ce mois pour, ensuite, la bafouer et empirer la situation… C’est deux fois plus catastrophique qu’avant », s’emporte une citoyenne. Les agents approchés mesurent l’impact de ces retards sur l’image de l’entreprise.
« Cette nonchalance nous discrédite, nous, les agents, parce que nous sommes l’intermédiaire direct, c’est nous que les usagers prennent pour fautifs», regrette un agent au niveau de la gare d’Alger. « C’est partout pareil, on subit la colère des usagers mais on n’y peut rien, ce n’est pas de notre faute si les trains n’arrivent pas à l’heure prévue», indique un de ses collègues. Ce dernier interpelle les responsables de la SNTF pour remédier à une situation insupportable qu’on fait subir à des usagers qui sont en droit de réclamer un service de qualité. Nos tentatives de joindre la direction de la SNTF pour d’amples explications ont été infructueuses.<