Sur les treize groupes composant le secteur public marchand industriel, seulement trois affichent des résultats satisfaisants et s’attèlent à développer leur stratégie à l’exportation.
Ce sont les groupes Agro-industrie, Gica et Saidal. Un état des lieux que déplore la nouvelle ministre de l’Industrie et des Mines Djamila Tamazirt. Elle l’a signifié aux PDG des groupes industriels, lors d’une rencontre d’évaluation qui s’est tenue hier au siège du ministère.

Dans son discours d’ouverture des travaux, Tamazirt s’est dite étonnée que des groupes à fort potentiel à l’export n’arrivent pas toujours à mettre à profit cet atout. « Nous estimons d’ailleurs qu’il est temps aujourd‘hui que les groupes concernés s’attèlent à se pencher sérieusement sur ce volet de l’export car le pays en a grand besoin. D’autant plus que la stratégie adoptée par les pouvoirs publics est de diversifier l’économie du pays en donnant la priorité à l’export», a-t-elle souligné. Toujours dans ce même ordre d’idées, la ministre a cité le groupe Manal, dont la filiale versée dans l’exploitation du domaine minier, « a de fortes chances de multiplier ses volumes à l’export », a estimé la ministre. Elle a aussi informé à propos de la politique du secteur des mines, en matière d’exploitation de métaux précieux, « cela va concerner les nouveaux chantiers qui viennent d’être ouverts et où les actions de recherche se poursuivent par les organismes en charge de ce volet ». Elle a en outre soulevé dans son intervention le cas des entreprises pas très performantes. Et sur ce point, elle a déclaré : « Ces dernières vont bénéficier de dispositifs leur permettant d’améliorer leur situation. » Toujours dans ce même registre, la ministre a révélé : « Il existe des entreprises publiques très performantes, alors que d‘autres nécessitent des actions de partenariats pour se développer. Et dans cette optique, le partenariat va se poursuivre », tout en avouant que « cela va nécessiter du temps si l’on veut réellement aider les entreprises nationales en difficulté ». Dernier point soulevé par la ministre, celui, du foncier industriel.
A la question d’un confrère sur le fait que certains industriels ont bénéficié de privilèges indus, la ministre a exclu la révision des attributions, soulignant cependant qu’un état des lieux allait être établi par ses services et le cas échéant des correctifs seront apportés. Elle n’en dira pas plus. Cela se comprend venant d’un membre du gouvernement chargé de gérer les affaires courantes. Interrogée par Reporters pour savoir si son département allait poursuivre la stratégie de développement du secteur, elle a indiqué : « Le gouvernement actuel est chargé d’une mission de continuité des opérations pour répondre aux besoins les plus urgents des citoyens. » Il s’agira donc pour cette responsable de poursuivre les actions engagées avec les dispositifs déjà mis en place. Concernant le groupe mécanique, notamment l’industrie du montage automobile, Tamazirt a laissé entendre que son département va apporter quelques correctifs suite à des constats de terrain (lire papier ci-contre). Il y a lieu de rappeler enfin que la ministre a rencontré l’ensemble des directeurs de l’industrie des wilayas pour faire une évaluation du secteur.