L’application du dispositif visant à empêcher la coutumière flambée des prix des denrées alimentaires durant le Ramadhan ne donne pas de résultats pour les premiers jours de ce mois. La fixation des prix-références par la tutelle pour certains produits alimentaires essentiels n’a pas trouvé sa traduction sur le terrain.

Par Amel Belabed
Pour le président de la Fédération algérienne des consommateurs, Zaki Hariz, l’application du dispositif en question relève de l’ordre du «miracle». «Ce dispositif n’est pas une obligation étatique mais une opération préventive. Il s’agit d’une entente entre le ministère du Commerce, l’Ugcaa, les associations professionnelles et les associations de protection du consommateur», explique-t-il. Mais pour M. Hariz, la principale cause de ce constat d’échec réside dans le manque de marchés de proximité. Un déficit admis par ailleurs par le ministre du Commerce, qui avait promis récemment l’implantation de 530 marchés de proximité ainsi que la réhabilitation de 171 marchés traditionnels. Une promesse qui n’a pas été tenue, a ajouté M. Hariz, alors qu’il y a urgence à mettre fin aux marchés informels, source de la dérégulation de l’activité commerciale.
Ces marchés de proximité, explique notre interlocuteur, «auraient pu atténuer la pression exercée sur les marchés traditionnels par les consommateurs pendant le mois de jeûne, en équilibrant l’équation entre l’offre et la demande». S’ensuivrait alors la régulation des prix, a-t-il expliqué.
Sur un autre registre, M. Hariz s’est interrogé sur les raisons qui dissuadent les consommateurs d’utiliser le numéro vert lancé par le ministère du Commerce, soit le 10 20, ainsi que l’application «Aswak» qui devait être l’arme citoyenne contre la spéculation sur les prix.
Ces «applications» visent à permettre au consommateur d’alerter les autorités s’il constate que les prix affichés ne concordent pas avec la liste des prix référentiels. «C’est à se demander si les citoyens capitulent devant cette machine frauduleuse que représentent les marchés algériens ?», a lancé M. Hariz.
Pour ce qui est des sanctions promises et brandies contre «les tricheurs», là aussi, M. Hariz évoque l’inefficience de la démarche. Quant aux 6 500 agents que le ministère prévoyait pour le bon déroulement du dispositif, on constate que ces derniers manquent à l’appel, selon le même responsable. «Comment voulez-vous que des travailleurs dont les droits sont bafoués, prennent les commandes d’un dispositif boiteux. Ils ne sont pas sur le terrain parce qu’ils sont en grève revendiquant leurs droits sociaux», s’est indigné M. Hariz.
Finalement, le président de la Fédération algérienne des consommateurs se montre pessimiste quant à l’application de cette feuille de route dans les jours à venir, expliquant que le contexte actuel du pays complique l’accomplissement de la mission car il y a d’autres problèmes plus sensibles qui demandent une vive attention de la part des pouvoirs publics.<