Le géant américain Chevron devra revoir à la hausse son offre de rachat du groupe Anadarko Petroleum, au risque d’assister à l’annulation de l’accord définitif qu’il a signé le 12 avril dernier avec son compatriote. Chevron devra, avant le 12 mai en cours, faire une offre meilleure que celle proposée par Occidental Petroleum.
Cette nouvelle donne est intervenue dimanche soir, après que le conseil d’administration d’Anadarko ait considéré unanimement que la nouvelle offre d’Occidental Petroleum était supérieure à celle de Chevron, qui s’élève à 50 milliards de dollars, en incluant également la prise en charge de la dette nette et la valeur comptable des intérêts minoritaires, alors que l’offre d’Occidental Petroleum est de 57 milliards de dollars.
C’est, en réalité sur la partie cash que tourne la guerre des enchères entre les deux prétendants au rachat de la compagnie publique américaine : Occidental continue de proposer
76 dollars par action à Anadarko mais la part en cash atteint désormais 78% du total, contre 50% en numéraires et 50% en actions auparavant.
Hier, Anadarko a annoncé qu’il envisageait d’annuler l’accord de rachat avec Chevron si l’offre de cette dernière n’est pas relevée d’ici vendredi prochain. Autrement dit, Chevron a, depuis hier, quatre jours ouvrables pour agir et sauver l’accord conclu le 12 avril. Cette période pourrait néanmoins être prolongée et, dans le cas où Chevron ne réagit pas et que l’entente est résiliée, Anadarko devra s’acquitter des frais de rupture d’une valeur de 1 milliard de dollars.
Pour rappel, si c’est Occidental Petroleum qui venait à remporter ce marché colossal, les actifs d’Anadarko en Algérie reviendraient à Total. Et pour cause, Occidental a signé un accord avec le groupe français pour lui céder les actifs d’Anadarko en Algérie, au Ghana, au Mozambique et en Afrique du Sud. Cet accord reste, bien sûr, tributaire d’un succès de l’offre faite par Occidental au groupe Anadarko. Sa finalisation devrait avoir lieu en 2020, a souligné le groupe français dans un communiqué.
Ceci étant, de nombreux analystes américains estiment que, malgré son offre inférieure, le géant Chevron est disposé pour reprendre Anadarko, sachant que ses activités correspondent mieux au portefeuille d’Anadarko. Les mêmes analystes considèrent que le deuxième plus grand groupe pétrolier américain après ExxonMobil peut «facilement» absorber une telle acquisition.
En Algérie, Anadarko jouit du rang de plus grand producteur de brut parmi les partenaires de Sonatrach. En mars dernier, la compagnie indépendante américaine avait souhaité reconduire ses contrats et renforcer ses activités en Algérie. Le groupe, qui produit près de 260 000 barils/jour, avait demandé l’extension de tous ses contrats d’exploitation d’hydrocarbures en Algérie. Le premier contrat portant sur le champ Hassi Berkine (HBNS), où le groupe exploite les blocs 404 et 208, arrive à échéance en 2023. Anadarko exploite également en partenariat avec Sonatrach, le gisement El Merk à Illizi qui représente l’une des plus grandes découvertes de brut réalisées en Algérie ces dernières années avec des réserves estimées à 1,2 milliard de barils de pétrole et de condensat.