L’impasse dans laquelle se trouve le pays depuis plus de deux mois semble avoir imposé, à dose homéopathique, auprès de l’ensemble de la classe politique ! l’idée du nécessaire dialogue.
Bien que les formes de ce dialogue peinent à prendre forme, l’intention est bien là. Des courants de la classe politique qui désapprouvent le dialogue initié par le chef de l’Etat n’en ferment pas complètement le jeu si un processus de dialogue venait à être engagé différemment. Ce qui pourrait constituer un bon signe dans cette quête laborieuse d’une solution à une crise politique qui tend à s’installer dans la durée.
Autrement dit, la classe politique dans sa diversité privilégie le dialogue comme vertu politique à condition que les facteurs de blocages ne soient pas au rendez-vous. En se déclarant favorable à des «négociations directes» avec l’institution militaire, en vue d’une sortie de crise, le chef de
Jil Jadid, au-delà de la teneur de son appel et aussi de son destinataire, réinstalle dans l’espace public la possibilité d’un dialogue. Ce n’est pas insignifiant dans une conjoncture où les facteurs de la solution ne semblent malheureusement pas réunis. Et où le pouvoir politique peine à faire adhérer aussi bien les populations que les courants de l’opposition à sa feuille de route de sortie de crise, au moment où le mouvement populaire ne lâche pas.
A l’évidence, les plans de sortie de crise et les approches divergent entre les différentes parties. Il est attendu, cependant, des acteurs politiques de faire preuve de disponibilité au dialogue au cours duquel sera défendu, chaque acteur politique avec ses arguments, l’intérêt du pays et le passage vers un nouveau mode de gestion des affaires publiques de l’Etat. Car, bien entendu, les millions d’Algériens sortis dans la rue expriment inlassablement un désir fort de voir leur pays géré dans la transparence et l’égalité devant la loi.
Cette perspective passe incontestablement par le dialogue constructif. Il appartient vraisemblablement aux tenants du pouvoir de passer du discours au dialogue en éliminant les éventuels facteurs bloquant la quête d’une solution que les Algériens attendent.