L’un des marqueurs de la détermination des étudiants à poursuivre leur mobilisation pour un changement démocratique dans le pays réside dans les activités qu’ils mènent au niveau du département de pharmacie d’Alger. Le 5 mai dernier, ces étudiants ont organisé une assemblée générale pour « faire le bilan de deux mois de contestation » et décider de la conduite à suivre, alors que le pouvoir en place tient à l’organisation d’une élection présidentielle le
4 juillet prochain et à appliquer, donc, jusqu’au bout l’article 102 de la Constitution. Dans un communiqué qu’ils ont distribué hier, lors de la première marche du Ramadhan, ils ont affirmé que l’inventaire de leurs actions est « positif » et s’inscrit pleinement dans le soutien du « Hirak » dans lequel ils « se sont pleinement investis » à l’exemple des autres facultés. Pour les perspectives, ils ont affirmé leur détermination « à poursuivre leur engagement jusqu’à l’aboutissement des revendications » à l’ordre du jour depuis les marches du 22 février. Ils citent le
« démantèlement du système et le départ de toutes ses figures »,
l’« engagement d’un véritable processus de transition démocratique devant aboutir à l’instauration d’une deuxième République où les libertés individuelles et collectives sont garanties, une justice réellement indépendante, la liberté de la presse une réalité et la souveraineté populaire un principe consacré ».
Dans la marche d’hier, des étudiants en pharmacie ont refusé de débattre de l’année blanche. « Ce dont nous avons peur, c’est de perdre une Algérie que nous voulons démocratique, belle et ouverte à sa jeunesse », nous dira un des manifestants. « Notre pays est au-dessus de tout. L’Algérie est notre priorité et les questions pédagogiques peuvent être réglées facilement même si la possibilité d’une année blanche est très loin», ajoutera-t-il. « Nous voulons que le gouvernement arrête avec ces histoires d’arrestations et qu’il réponde aux revendications de la rue. Personne n’est dupe », dira une étudiante. Kamar Eddine, un autre étudiant en pharmacie, interviendra sur la question de l’organisation du mouvement : « Nous à l’université, nous refusons de mettre en place des représentants. Pour le moment, nous avons de simples coordinateurs, qui coopèrent entre les universités ».