Le chef de l’Etat Abdelkader Bensalah s’est adressé, dimanche soir, à la Nation pour souhaiter un bon début du mois sacré du Ramadhan et évoquer l’actualité politique nationale. Très attendu par les médias, la classe politique et tout le peuple algérien compte tenu de la conjoncture actuelle, le discours prononcé n’a pas apporté d’éléments nouveaux susceptibles de calmer la rue qui continue de réclamer de véritables changements politiques dans le pays.
Le chef de l’Etat s’est contenté de rappeler le maintien de la feuille de route de sortie de crise tracée par le pouvoir, à savoir la tenue de l’élection présidentielle le 4 juillet prochain comme le prévoit la Constitution. Il appelle la classe politique à adhérer à cette démarche qui constitue, à ses yeux, le chemin le plus court pour prendre en charge les doléances des Algériens en matière de libertés démocratiques.
Toutefois, le chef de l’Etat n’a soufflé aucun mot sur les revendications exprimées vendredi dernier par les millions d’Algériens qui ont manifesté aux quatre coins du pays, notamment en ce qui concerne le départ de toutes les figures du régime.
Les propos tenus par Abdelkader Bensalah montrent que le pouvoir en place n’a aucune intention, du moins pour le moment, à aller vers une période de transition gérée par un conseil présidentiel et un gouvernement de technocrates. En clair, Bensalah fait savoir que son départ et celui du gouvernement de Noureddine Bedoui ne sont pas inscrits à l’ordre de jour. Idem pour les revendications relatives à l’amendement de la loi électorale et la désignation d’une commission indépendante chargée d’organiser les élections.
En plus de son opposition de toute solution en dehors de la Constitution, le chef de l’Etat met en garde contre les conséquences du refus de la démarche de sortie de crise choisie par le pouvoir. Pour lui, la satisfaction des doléances exprimées par l’opposition et la rue prolongera la crise et ouvrira la voie à des dérapages.
Avec cette opposition catégorique aux solutions en dehors de la Constitution, le chef de l’Etat sera confronté d’une part à la rue qui réclame des solutions politiques et d’autre part à l’opposition soutenue par les syndicats autonomes qui refuse de participer aux consultations politiques initiées par la Présidence de la République.