Le président du parti politique Jil Jadid, Sofiane Djilali, a estimé hier, lors de son passage au forum du Courrier d’Algérie, que le mouvement populaire doit aboutir à une «solution politique» afin de permettre au pays de sortir de la crise qu’il traverse.
Pour l’invité du Forum, «en entrant dans une transition, on entrerait dans une logique de négociations entre les deux protagonistes, c’est-à-dire le pouvoir politique et l’opposition». Cependant, «pour le moment, on n’en est pas encore là. On est encore dans la logique d’une contestation populaire qui réclame le changement politique et d’un pouvoir politique qui maintient le statu quo». Le conférencier a estimé qu’il est impératif pour le mouvement populaire d’impliquer certains partis et figures de l’opposition afin, a-t-il soutenu, «de lui donner plus de rigueur et plus de solidité et, afin, d’avorter toute tentative de récupération du mouvement».
«C’est vrai qu’il est préférable de ne pas désigner des représentants du mouvement. Mais il considère comme une erreur le fait que le Hirak n’ait pas impliqué dans sa démarche «des partis et des figures honnêtes de l’opposition. Ceux-ci peuvent déjouer tous les complots du régime», a jugé l’orateur.
Dans ce même contexte, le chef de file du parti Jil Jadid affirme que «le peuple aura à faire une course contre la montre» et que «s’il y a des candidats qui déposent leurs dossiers avec les 60 000 signatures d’ici le 23 mai (dernier délai de dépôt des dossiers pour les prétendants à l’élection présidentielle du 4 juillet prochain), on peut d’ores et déjà être sûr que tout ça est totalement trafiqué. Donc, c’est là, où je dis que le chef d’état-major de l’Armée nationale populaire, Ahmed Gaïd Salah, n’est pas un homme politique, il ne pense que par la ruse militaire et il va pouvoir imposer sa solution. A mon avis, il est en train de faire de faux calculs. Les enjeux sont alors multidimensionnels et complexes et nécessitent un consensus national devant aboutir sur une sortie de crise telle que désirée et exprimée par le peuple dans son ensemble».

Le discours de Bensalah à la Nation est «creux»
Bien qu’il soit toujours contesté par le mouvement populaire pacifique, le chef de l’Etat par intérim Abdelkader Bensalah a maintenu la date de l’élection présidentielle au 4 juillet prochain, tout en réitérant son appel au dialogue. Dans son deuxième discours adressé à la Nation, il continue de croire dur comme fer aux vertus du dialogue. Bien que la conférence nationale de concertation à laquelle il avait appelé a été un fiasco, ayant été boudée par la quasi-totalité des partis politiques et des personnalités nationales conviés, le chef de l’Etat a encore appelé à un «dialogue intelligent, constructif et de bonne foi». Pour Soufiane Djilali, «ce discours qui aura duré plus d’une 20 minutes était sans intérêt et creux». Par ailleurs, réagissant à l’arrestation de Saïd Bouteflika, des généraux Mohamed Mediene, dit Toufik, et Athmane Tartag, dit Bachir, anciens patrons des services de renseignements, il dira qu’il ne croit pas non plus à cette opération « mains propres » menée par le vice-ministre de la Défense nationale. Il relève la contradiction dans le discours du chef d’état-major, qui prétend que la justice est indépendante et affirme en même temps qu’il a examiné tous les dossiers de corruption. «Ce sont tous d’anciens dossiers». Il cite également le cas de l’homme d’affaires, Issad Rebrab, assimilant son arrestation à «une diversion pour faire croire qu’il n’y a pas de justice sélective ni de règlement de comptes et que même les victimes de la famille Bouteflika et ses proches vont en prison».