Après avoir longuement combattu la maladie, notre confrère Rachid Allik est décédé dimanche soir. Il a été inhumé hier au cimetière de Réghaïa.

La cinquantaine à peine entamée, Rachid quitte ce monde en laissant un grand vide pour son entourage. La maladie ne l’a pas raté, mais lui, jusqu’au bout, a continué à faire ce qu’il aimait. Il a exercé dans plusieurs journaux, d’Alger républicain à Liberté, en passant par le Matin et La Tribune. Dans ces rédactions, Rachid n’est pas passé inaperçu. Il sera toujours lié à sa signature « Zappa ». Un choix loin d’être anodin. Rachid était un grand fan de Frank Zappa, le virtuose compositeur-guitariste américain des années 70. Sa moustache et ses longs cheveux (qu’il avait quand il était au lycée avant de les couper plus tard) étaient un hommage au fantasque musicien décédé en 1993.
En plus d’avoir une très belle plume, « Zappa » était également un bouillon de culture ambulant. Il était connu pour sa boulimie des livres et de tout ce qui était en relation avec la musique, le cinéma, le théâtre… Un monde de la culture qu’il adorait et dans lequel il nageait avec une très grande aisance. Pourtant, il vient d’une toute autre «branche». « Zappa » n’avait pas fait d’études en journalisme ni en sciences humaines. Il a fait ses études à l’USTHB et en est sorti avec un DEA en… physique.
Loin d’être un handicap, ses «atouts» de scientifique lui ont permis de surfer sur tous les métiers de la presse et au-delà. En plus des quotidiens de la presse écrite, Rachid a été membre très actif de plusieurs autres aventures. Il était dans l’équipe du fameux hebdomadaire satirique L’Epoque (2005-2006) fondé par la défunte Baya Gacemi.
Une expérience de 9 mois à laquelle avaient participé plusieurs de ses amis, à l’instar de Chawki Amari, ou encore du dessinateur de presse Le Hic. Avec ce dernier (et d’autres), il a participé au lancement, quelques années plus tard, du magazine de la bande dessinée Bendir. Passionné par ce qu’il faisait, « Zappa » s’est totalement impliqué dans le neuvième art à tel point qu’il a été, durant plusieurs années, l’une des chevilles ouvrières du Festival international de la BD d’Alger (Fibda). Ces dernières années, et toujours fidèle à son « monde », il s’était « réfugié » entre les arcanes de l’Institut français (l’ex-CCF) avec le statut de « Responsable du livre ». Un passage, encore un, qui n’a laissé personne indifférent.
Telle une vague, Rachid Allik aura parcouru cette vie en étant passionné par ce qu’il faisait et en rendant passionnant les moments que les autres ont passés avec lui. Il a brûlé la chandelle par les deux bouts. Et ceux qui l’ont côtoyé peuvent se dire qu’ils ont été bien éclairés.