Le chef de l’Etat Abdelkader Bensalah a appelé, dans un discours à la Nation, à un dialogue « intelligent, constructif et de bonne foi » qui reste « l’unique moyen pour construire un consensus fécond, le plus large possible, de nature à permettre la réunion des conditions appropriées pour l’organisation, dans les délais convenus, de l’élection présidentielle ». Le chef de l’Etat confirme, si besoin est, que la feuille de route qu’il a tracée est toujours d’actualité et qu’il est engagé à la mettre en œuvre. Mais face à cette certitude du chef de l’Etat, à vouloir maintenir la présidentielle dans les délais de rigueurs, c’est la réaction de la rue qui reste la plus grande inconnue. La décision des P/APC et des magistrats de bouder le scrutin présidentiel du 4 juillet n’est pas une mince affaire. Il traduit le refus des électeurs de se conformer à la décision, constitutionnelle et réglementaire soit-elle. Cette décision des commis de l’Etat vient, au fait, en adéquation avec la rue. Cette dernière réclame non moins que le départ de tout le système. Le rejet des décisions des autorités devient de facto l’arme de la rue. La chasse aux ministres en est la preuve et le maintien de la pression citoyenne à travers les marches hebdomadaires serait au rendez-vous des jours à venir puisque le chef de l’Etat ne semble pas prêter attention aux exigences citoyennes. Partant de cet entêtement de Bensalah à maintenir sa feuille de route, les premières réactions des internautes ne laissent aucun doute sur la reprise en force de la mobilisation de la rue. Tous les commentaires et réactions évoquent la nécessité de redoubler d’efforts pour imposer la feuille de route de la rue contre celle des autorités. Il faut s’attendre à un renforcement de la mobilisation en réaction à l’annonce d’Abdelkader Bensalah. D’autant plus, faut-il le rappeler, le même responsable a eu déjà à appeler à un dialogue. Une initiative qui n’a pas réuni grand monde. Ce flop, qui risque d’être réédité encore une fois, donnera inéluctablement de la force à la rue pour réaffirmer la nécessité à Bensalah de procéder à un règlement plutôt politique de la crise, en lieu et place d’une solution constitutionnelle. Compte tenu de ces nouvelles données faites d’un entêtement des autorités au respect strict de la Constitution et de l’article 102, la réponse de la rue est à attendre dès vendredi prochain. La réponse à la sortie de Bensalah promet selon les différents commentaires et réactions des partis et de la société civile d’être forte. Et c’est à partir de cette réplique que le chef de l’Etat doit mesurer l’impact de ce refus mais aussi l’ampleur de la mobilisation et de la détermination de la rue à faire aboutir ses revendications qui sont en porte-à-faux avec les propositions du pouvoir en place. n