Les étudiants de l’Ecole supérieure des Beaux-Arts d’Alger (ESBA) ont annoncé la reprise des cours, suspendant ainsi leur mouvement de grève entamé depuis mars dernier.
Un des représentants des étudiants nous explique que cette grève avait été décidée dans le sillage des marches populaires et «par solidarité» avec les autres universités, l’activité pédagogique de l’école a néanmoins repris dimanche dernier suite à un consensus parmi les étudiants. Des responsables du comité des étudiants nous ont toutefois précisé, hier, que leur décision de reprendre les cours pouvait néanmoins être suspendue « à tout moment » en fonction de l’évolution de la situation politique du pays.
En effet, l’élément déclencheur du mouvement de grève avait été la décision du ministre de l’Enseignement supérieur d’avancer la date des vacances universitaires, une décision considérée alors comme une « manœuvre politique ». A ce propos, les étudiants rencontrés samedi dernier, lors du lancement de l’exposition «Fils du peuple» à la galerie « Le Paon » du Centre des arts de Riadh El Feth, nous ont fait savoir que leur décision d’initier un mouvement de grève avait été prise à la majorité suite à une réunion des étudiants, l’objectif étant d’accompagner les marches et revendications populaires. «La grève a été lancée pour pouvoir consacrer plus de temps au mouvement populaire (…). Continuer les cours nous aurait en quelque sorte éloignés des préoccupations de la société », nous explique un étudiant. Un autre étudiant ajoute qu’ «avec cette grève nous avons aussi voulu soutenir les autres universités. Il n’a pas été question de revendication concernant l’école ou de son fonctionnement interne». Les étudiants se disant par ailleurs attentifs à l’évolution de la situation. Les responsables du comité des étudiants nous précisent en substance que même s’il est difficile d’estimer le suivi réel de la grève, il avait veillé à prendre en compte la volonté des étudiant à reprendre les cours ». Toutefois, il ajoute que le retour à la grève restait possible à tout moment en fonction de la situation politique. En affirmant que «nous restons attentifs au mouvement de protestation et aux revendications populaires et à leur évolution». Un mouvement que certains étudiants inscrivent par ailleurs dans l’esprit de leurs études d’art. Ils nous confient à ce sujet que «c’est une question de priorité. Dans une telle crise, il n’est pas possible de tourner le dos à la réalité qui nous entoure et à ce qui se passe dans la société ». En confiant que «les beaux-arts, c’est, certes, une expression et un enseignement technique dans la forme. Mais, ils ont aussi un fond et un contenu qui peuvent être inspirés de la philosophie, de l’histoire mais aussi de la situation politique et des problèmes sociaux».