Alors que les autorités ont entamé, samedi dernier, une opération de relogement d’urgence au profit de 200 familles de La Casbah, dont les résidences sont menacées de ruine, onze familles du même quartier ont vécu un véritable calvaire.

Sommées par les autorités de quitter les lieux après les avoir informées qu’elles sont bénéficiaires de nouveaux logements sociaux dans la commune Baba Hassan, onze familles du quartier Ahmed-Tamglit, dont l’immeuble est situé à quelques mètres de celui qui s’est effondré le 22 février dernier provoquant la mort de cinq personnes, se sont retrouvées contraintes de passer la nuit dans la rue suite un problème d’organisation de la part des autorités. Après avoir ramassé leurs affaires, ces onze familles ont été transportées vers leurs nouveaux logements, mais, une fois arrivées sur place, leurs appartements étaient occupés par d’autres personnes. « Nos noms étaient sur la liste mais les appartements étaient habités par des gens qui ne sont pas du quartier ! Comment peuvent-ils nous trimbaler ainsi que nos affaires pour nous dire par la suite que le déménagement ce n’est pas pour aujourd’hui ! », s’est indigné un jeune père de famille rencontré sur place.
Pis encore, au moment de retourner vers leurs anciennes demeures, ces onze familles ont été surprises de constater que l’électricité, le gaz ainsi que l’alimentation en eau avaient été coupés, et que des dégâts considérables ont été occasionnés dans les appartements déjà en ruine suite au déménagement. « Ils se sont vraiment foutus de nous ! D’un côté, ils nous disent qu’on va déménager et ensuite, on nous dit ce n’est pas notre tour ! Ils n’ont qu’à être mieux organisés. A cause d’eux nous avons passé la nuit dans la rue ! L’immeuble peut tomber à n’importe quel moment et si un malheur nous arrive, ce sont eux les responsables !», a déclaré Karima rencontrée adossée à son canapé en pleine rue. « La maison est dans un état indescriptible, je préfère rester dans la rue que d’y retourner », a-t-elle ajouté. Pourtant, ils sont nombreux à être retournés dans l’ancien immeuble classé rouge et dont les experts ont affirmé, lors de leur passage, qu’il fallait évacuer immédiatement ses habitants, selon les témoignages des gens rencontrés sur les lieux. Hier, les onze familles concernées ont passé leur journée à faire des va-et-vient à la wilaya d’Alger afin d’obtenir des garanties quant à leur futur relogement, mais aussi des explications sur l’incident de dimanche. « Ils nous ont promis que nous allons bientôt déménager, mais aucune date n’a été avancée », a indiqué notre interlocutrice. Il est à noter que l’opération de relogement lancé samedi dernier se poursuivra jusqu’à dimanche prochain.