Les éléments de la Marine nationale ont, durant la nuit de vendredi à samedi, arrêté deux embarcations de fabrication artisanale à bord desquelles se trouvaient 21 harraga, qui tentaient de quitter de manière illicite le territoire national.

Les 21 jeunes «aventuriers», âgés entre 19 et 32 ans, ont été interceptés par les garde-côtes à une dizaine de miles nautiques des côtes annabies. Cette tentative avortée est la première depuis près de deux mois. En effet, depuis le début du Hirak, les tentatives d’émigration clandestine ont connu une très forte baisse jusqu’à disparaître. En onze semaines de Hirak, c’est la deuxième tentative avortée, après celle ayant eu lieu fin février ayant conduit à l’arrestation de 13 individus. Cette corrélation entre le début du Hirak et l’arrêt des tentatives de harga est, notamment, due à l’espoir qu’a suscité la révolution du sourire auprès de milliers de jeunes démoralisés et déprimés. Ceux-ci ne voyaient aucune alternative en Algérie et rêvaient d’une meilleure vie sous des cieux plus cléments.
Arriver en Europe ou mourir en tentant de traverser la Méditerranée était devenu pour des milliers d’Algériens un objectif de vie (ou de mort). Mais le rôle actif que jouent ces mêmes jeunes dans ce mouvement populaire sans précédent leur à redonner espoir en un véritable changement. Un changement qui pourrait faire de l’Algérie un paradis sur terre. La contre-révolution que mène le pouvoir dans l’espoir de casser la révolte populaire et arriver ainsi à se maintenir encore a considérablement affaibli la mobilisation citoyenne, même si la détermination des manifestants est affichée à chaque nouveau vendredi. La baisse du nombre de manifestants traduit une certaine démoralisation au sein des manifestants, dont certains commencent à douter de la capacité du peuple à vaincre la «Issaba». C’est ce même découragement, dû à l’obstination du régime à se maintenir coûte que coûte contre la volonté populaire, qui pousse les jeunes à baisser les bras et à tenter de prendre la fuite en laissant un pays qu’ils aiment tant à ceux qui ne lui veulent aucun bien.