Alors que le déferrement devant la justice de personnalités, aussi importantes que d’anciens hauts responsables des services de renseignements, un proche conseiller du Président démissionnaire, ou de puissants hommes d’affaires sont devenus le lot quotidien de l’actualité algérienne, la crise politique semble briller par un blocage assourdissant. Les semaines défilent et le bout du tunnel ne semble pas apparaître pour les Algériens fatigués par tant d’incapacité à trouver un consensus malgré les grands sourires arborés lors des marches « silmiya ». Les Algériens, sortis en masse exiger le changement du système et la construction d’une Algérie nouvelle, basée sur une gouvernance en adéquation avec la démocratie véritable et les ambitions du peuple, sont toujours en attente de la résorption d’une crise politique, héritée depuis la démission de Bouteflika. Une crise que les Algériens, qui ont décidé de se soulever contre l’insoutenable cinquième mandat, n’ont pas demandée. Aujourd’hui, les affaires de justice au rythme quotidien avec une médiatisation lourde semblent accaparer l’intérêt de l’opinion au risque de la détourner du plus important : la résorption de la crise politique et le retour à un fonctionnement normal de l’Etat. Les appréhensions contrastées concernant des affaires de justice, dont les différentes instructions judiciaires empêchent d’en savoir davantage, sont symptomatiques d’un sentiment de perplexité qui envahit les Algériens. Ces derniers ont le sentiment qu’on fait plus d’efforts dans le domaine de la justice que concernant une situation politique qui frise le pourrissement. Avec les difficultés d’activer des différents ministres de l’actuel gouvernement, des institutions et du chef d’Etat par intérim, viscéralement rejetés par le Hirak, la situation est en appel urgent d’une voie politique alternative. Il est devenu impératif d’entamer une transition vertueuse qui semble déjà complexe avant même qu’elle ne commence. En dehors du tribunal, une crise est en attente de solution.