Le diabète et le jeûne, le sujet évoqué par les spécialistes de la santé publique lors de la 3e journée de diabétologie organisée par le service d’endocrinologie et de diabétologie du centre hospitalo-universitaire de Sidi Bel Abbès.
La rencontre avait regroupé samedi de nombreux médecins généralistes et spécialistes issus des établissements publics et privés et des membres des associations de malades diabétiques. Les intervenants ont donné des conseils aux malades atteints de diabète pour se prémunir contre les complications pendant le jeûne et les moyens à utiliser pour contrôler sa glycémie durant le mois de Ramadhan, tout en leur préscrivant un régime alimentaire, qui doit être équilibré et sain, à suivre et comment prendre leurs doses de médicaments, afin d’éviter une crise d’hypoglycémie ou d’hyperglycémie.
La chef de service d’endocrinologie du CHU de Sidi Bel Abbès, Mme Talha Kheira, a insisté sur la consultation du médecin traitant avant de jeûner, car le malade doit être attentif aux symptômes de cette crise et savoir rompre le jeûne lorsqu’il ressent des tremblements, sueurs, anxiété, vertiges, faim, palpitations, troubles de la vision, fatigue faiblesse, maux de tête et manque de concentration. L’intervenante a sommé les malades à demander l’avis de leur médecin traitant, surtout pour ceux atteints du diabète de type 1 qui suivent un régime d’insuline, seul habilité à les autoriser ou leurs interdire de jeûner. Ces patients peuvent développer des complications du diabète s’ils jeûnent mais ils peuvent ainsi trouver l’accompagnement et l’éducation thérapeutiques nécessaires. Elle expliquera que le premier jour de Ramadhan, le service connaît un afflux de malades qui contractent des complications, jusqu’au coma acidocétosique, ce qui constitue un vrai problème pour leur prise en charge.
La maladie, qui a pris de l’ampleur, a enregistré 60 000 malades en 2019, soit un taux de 14,4% alors que le taux était de 8% en 2003, a-t-on expliqué. Parmi les causes de l’ampleur de la maladie, ils ont cité notamment le vieillissement de la population et l’obésité, ainsi que le facteur héréditaire.
Plusieurs thèmes liées au diabète ont été débattus au cours de la rencontre scientifique, tels que «les nouvelles recommandations sur le traitement de l’acromégalie», «symposium Lilly», «symposium Sanofi», «symposium Novonordisk», «diabète gestationnel, repérer, dépister et surveiller» et «pathologies associées au diabète».