La joie des bénéficiaires du programme de logements AADL du site Firmet El-Riche, dans la ville commerciale d’El-Eulma, située à l’est de Sétif, n’est finalement qu’éphémère suite aux malfaçons constatées à vue d’œil dans la majorité des logements. En effet, les 970 bénéficiaires ne cessent de crier depuis quelques jours à l’arnaque après la découverte des malfaçons et autres défauts de réalisation dans leurs appartements. Ce programme, qui comporte, faut-t-il rappeler, 2 000 unités, dont la remise des clés de 970, a été organisée il y a un mois. En, effet, les bénéficiaires n’ont pas manqué de dénoncer la mauvaise qualité des travaux confiés à une entreprise chinoise. Aussi, ces derniers ont également dénoncé l’absence du contrôle de la qualité des travaux pendant les différentes étapes de réalisation. «C’est vraiment une catastrophe. Dans un premier temps, j’ai voulu réparer ce qui est réparable pour gagner un peu de temps. Le plâtre tombe en grattant avec le doigt. Il n’y a pas de peinture. Le système d’évacuation des eaux est défectueux. Le même constat pour le réseau d’électricité et de gaz. La dalle de sol a été mal posée. Après avoir constaté ces malfaçons, j’ai décidé de tout refaire. J’ai arraché la dalle de sol, le plâtre et la faïence. J’ai appelé un électricien, un plombier et un maçon pour entamer ce grand chantier », nous dira un bénéficiaire rencontré sur les lieux. Pis encore, les responsables du bureau ouvert dans cette cité n’ont pas pu répondre aux différentes préoccupations des bénéficiaires. Par ailleurs, un autre bénéficiaire a souligné que le plâtre des murs de son appartement est tombé un jour après une opération de peinture. « J’ai dépensé près de 20 millions de centimes entre l’achat des produit et le peintre. Finalement, j’ai tout perdu. Maintenant, je dois refaire le plâtre et ensuite repeindre les murs », a-t-il expliqué. La plupart des bénéficiaires ont été obligés de mettre la main à la poche pour refaire leur logement avant de déménager. Sur un autre plan, plusieurs blocs se trouvent aujourd’hui sans les commodités nécessaires de vie. A titre d’exemple, plusieurs logements ne sont toujours pas raccordés au réseau du gaz de ville. « Faute de cette énergie, j’ai été obligé de ramener avec moi des bouteilles de gaz butane. Mes enfants grelotent à cause du froid glacial de ces derniers jours. Notre bloc n’a pas été équipé de détendeurs. On sait pas combien de temps va prendre cette opération », renchérit un autre bénéficiaire très en colère. Hormis l’école primaire qui est opérationnelle, les travaux de réalisation d’un CEM avancent lentement. Les responsables de ce programme n’ont pas jugé utile de doter cette cité d’autres structures d’accompagnement notamment un centre de soins.
Aussi, nous avons constaté l’absence d’épiceries pour permettre aux bénéficiaires de s’approvisionner. Ces derniers sont obligés de faire le déplacement au centre-ville d’El-Eulma pour une baguette de pain.