Une série de raids aériens israéliens contre la bande de Gaza, qui se poursuit depuis vendredi a fait neuf morts et 60 blessés parmi la population palestinienne, suscitant l’inquiétude internationale et celle de l’Autorité palestinienne qui a appelé l’ONU à intervenir d’urgence pour mettre fin aux violations de l’occupant.

Le gouvernement palestinien a ainsi exprimé, dans un communiqué de presse officiel samedi, sa profonde préoccupation devant l’escalade israélienne contre le peuple palestinien dans la bande de Gaza, appelant les Nations unies à intervenir «rapidement» pour faire cesser les agressions aériennes israéliennes. Il a condamné les «attaques contre des civils et le bombardement des infrastructures de Gaza», soulignant qu’Israël avait pour objectif de maintenir l’enclave dans un état de tension permanente pour entraver les efforts de reconstruction et de développement. En réponse à cette agression, la Ligue arabe a demandé à l’ONU et aux comités des droits de l’Homme d’assumer leur pleine responsabilité dans la protection des Gazaouis, et exhorter Israël à arrêter l’agression qui ne respecte pas l’Accord de Genève 4 et de ses engagements. A Bruxelles, l’Union européenne (UE) a appelé à la retenue, ajoutant soutenir «les efforts déployés par l’Egypte et l’ONU pour calmer la situation». Le coordinateur spécial de l’Onu chargé pour la paix au Moyen orient, Nicolaï Mladinov, a exprimé, pour sa part, sa profonde préoccupation quant à la nouvelle escalade de violence contre la population de Gaza et les pertes humaines causées, appelant toutes les parties à la retenue et au calme et le retour à la table des négociations. En outre, la Jordanie a souligné la nécessité de mettre fin «dans l’immédiat» à l’agression israélienne et respecter le droit international, mettant en garde contre les conséquences de cette escalade sur l’enclave palestinienne. De son côté, le président turc, Recep Tayyip Erdogan a «fermement» condamné la destruction par un bombardement de l’aviation israélienne d’un immeuble à Gaza accueillant les locaux de l’agence de presse turque Anadolu. «Nous condamnons fermement l’attaque d’Israël contre le bureau de l’agence Anadolu à Gaza», a déclaré M. Erdogan sur Twitter. En dépit de ces attaques, la Turquie a assuré que l’agence Anadolu continuerait d’informer le monde au sujet du terrorisme et des atrocités qu’Israël commet à Gaza et ailleurs en Palestine.
La solution à deux Etats écartée par Washington
Alors que le plan de paix américain destiné à régler le conflit israélo-palestinien devrait être dévoilé début juin, Jared Kushner, gendre du président américain Donald Trump, en charge des négociations côté américain depuis deux ans, avait indiqué jeudi dernier que ce plan ne ferait pas référence à «une solution à deux Etats». En revanche, la reconnaissance par Washington d’El Qods occupée comme capitale d’Israël «fera partie de tout accord final». Selon Kushner, le texte du plan devrait favoriser un développement économique des territoires occupés plutôt que la création d’un Etat palestinien. A cet effet, les dirigeants palestiniens ont refusé de négocier avec les Américains sur tout projet depuis la décision de considérer El Qods capitale d’Israël suivie du transfert de l’ambassade américaine. Le président palestinien Mahmoud Abbas a d’ailleurs réitéré, samedi, la position palestinienne de rejet de ce qui a été qualifié d’»accord du siècle», un plan de paix que les Etats-Unis ont l’intention d’annoncer prochainement. Le président Abbas a fait ces remarques en réponse à un communiqué américain qui stipulait que l’accord ne comprendrait pas la solution tant attendue à deux Etats. Il a également déclaré : «nous ne nous attendons pas à ce que les Américains offrent quelque chose d’important, car ce qu’ils ont proposé d’important est contre nous». «Nous rejetons tout ce que les Américains ont présenté, que ce soit à propos d’El Qods, des réfugiés, des frontières, des colonies de peuplement ou autres choses», a ajouté M. Abbas. Néanmoins, la Chine a appelé la communauté internationale à s’en tenir à la solution à deux Etats afin de s’attaquer aux causes fondamentales du problème israélo-palestinien.
La communauté internationale devrait promouvoir le règlement de la question palestinienne en vue de créer un Etat de Palestine pleinement souverain, fondé sur les frontières de 1967, et avec Al Qods-Est occupée pour capitale. Toute nouvelle initiative proposée doit être conforme aux paramètres, a déclaré le représentant permanent de la Chine auprès des Nations Unies. Les relations entre les Etats-Unis et l’Autorité palestinienne ont été rompues après que le président américain Donald Trump a déclaré fin 2017 qu’El-Qods était la capitale d’Israël et transféré en 2018 dans cette ville l’ambassade des Etats-Unis.
(APS)