Dans le cadre de ses chantiers de la refondation, le mouvement Nabni propose une démarche qui permettrait au mouvement populaire de poursuivre son chemin en conservant à la journée de vendredi sa raison d’être, le temps fort d’une contestation quotidienne qui dure depuis le 22 février.
Dans ce sens, le think tank algérien appelle à «se réapproprier l’espace public reconquis le 22 février 2019 et pérenniser le «vendredire» pour maintenir cette magnifique occasion de voir notre société se retrouver, dans toute sa diversité, et s’exprimer chaque semaine dans la rue autour d’un idéal commun». Si la détermination à faire tomber le pouvoir en place s’avère toujours intacte au 11e vendredi du Hirak, en se renforçant de mots d’ordre et de slogans actualisés en fonction de l’évolution de la situation politique du pays, elle ne manque pas de faire face à des opérations qui visent à réduire les flux des manifestants, notamment dans le cas de la capitale qui a vu ces trois dernières semaines des filtrages opérés au niveau de ses principaux accès par la Gendarmerie nationale.
Dans cette dynamique de marches de vendredi, qui se succèdent sans se ressembler, Nabni relève que «la réponse des autorités varie de conciliante à provocatrice (en particulier dans la capitale), et la colère alterne avec la joie de s’exprimer librement».
Et pour que cette liberté de se rassembler, de s’exprimer et d’échanger soit maintenue, le collectif, engagé par ses chantiers de la refondation dans cette étape nouvelle pour le pays, propose que des zones piétonnières prennent place dans toutes les grandes villes du pays qui ont rendez-vous avec le Hirak chaque vendredi.
«Nous proposons de pérenniser le ‘vendredire’ en décrétant que les parcours, places ou avenues des manifestations du Hirak dans les villes de plus de 200 000 habitants soient transformées en zones piétonnes le vendredi», fait savoir Nabni. «Nous ne suggérons pas que tous les vendredis soient jours de manifestation, mais que cette
liberté de se rassembler, de s’exprimer et d’échanger soit maintenue, particulièrement les vendredis après-midi», précise-t-il.
Le think tank plaide, par ailleurs, pour l’instauration d’une «Journée citoyenne des libertés démocratiques» qui sera célébrée chaque 4e vendredi du mois de février pour commémorer l’entame du mouvement populaire le vendredi 22 février 2019. Cette journée sera «une occasion de faire le point sur les acquis réalisés, mais surtout une occasion d’identifier les nouvelles revendications de libertés démocratiques qui resteront à conquérir», explique le même collectif. La réappropriation de l’espace public passe également par la mise en place d’«espaces d’expression populaire libre» dans chaque ville du pays, estime Nabni. Inspirés du «Speaker’s Corner» (espace des orateurs) institué à Londres en 1872, ces espaces seraient baptisés «L’espace du 22 février 2019». «Ils seront libres d’accès à toute heure de la journée, pour y débattre, y présenter publiquement des idées, y faire des discours et s’y concerter…», souligne la même source, en livrant plus de détails sur son site http://www.nabni.org/wp-content/uploads/2019/05/NABNI-Chantier-3-Libert%C3%A9-de-rassemblement-et-de-manifestation.pdf.