Au lendemain de la série d’arrestations d’anciens hauts responsables, ce qui promet de nombreux rebondissements au cours de la semaine, le mouvement populaire ne faiblit pas. Hier encore, ils étaient nombreux à faire entendre leur voix et réclamer un changement radical. A la veille du mois de Ramadhan, ce sont les étudiants qui ont créé l’évènement en battant le pavé, hier à Alger-Centre, pour dire non à l’élection présidentielle et exiger le départ du système. Rassemblés en grand nombre au niveau de la fac centrale, les étudiants, armés de banderoles et de drapeaux, ont tenté d’organiser une marche pour réitérer toute leur détermination à poursuivre leur mouvement jusqu’à satisfaction de toutes les revendications du peuple. C’était sans compter la présence d’un dispositif sécuritaire renforcé qui les a empêchés d’aller au bout de leur action. Présents en nombre, les éléments de forces anti-émeute ont rapidement mis un terme à la tentative de marche des étudiants en dressant des cordons de sécurité. Les étudiants, de leur côté, se sont contentés par la suite d’organiser un important rassemblement pour exiger de véritables solutions à la crise que traverse le pays. En plus de dire leur refus de l’élection présidentielle prévue pour le 4 juillet prochain, ils ont réclamé une véritable transition démocratique sans les personnalités impliquées dans l’ancien système. En plus des incontournables «système dégage» et «Bensalah dégage», les étudiants ont appelé à l’instauration d’une justice indépendante et à l’application des articles 7 et 8 de la Constitution. D’autres mouvements de protestation ont aussi été observés hier, notamment au niveau de la Cour des comptes où les magistrats ont tenu un sit-in pour demander «le changement à la tête de l’institution, ainsi que le départ de tous ceux qui ont participé à son blocage». Pour rappel, les magistrats de la Cour des comptes avaient déjà organisé une action similaire, le 25 mars dernier, osant pour la première fois briser le mur du silence et rejoindre le mouvement populaire.
Les employés de Kahrakib (Groupe Sonelgaz) sont aussi sortis manifester, hier. Rassemblés devant le siège de leur entreprise à Télemly, ils ont scandé des slogans hostiles au pouvoir et réclamé le départ du système. La compagnie nationale aérienne Air Algérie a aussi été secouée, hier, par un mouvement de protestation initié par des hôtesses de l’air et des stewards à l’aéroport d’Alger. Cette action n’a eu aucune incidence sur les vols de la compagnie aérienne, selon une source à Air Algérie.
Il est à noter que ce sit-in s’est tenu en réponse à l’appel du Syndicat national du personnel navigant commercial algérien (Snpnca) pour exprimer «leur mécontentement suite à la non-application d’un accord conclu avec la direction de la compagnie aérienne nationale». Alors que le pouvoir guette le moindre signe d’essoufflement de la mobilisation populaire, les Algériens promettent de poursuivre la protestation et cela même durant le mois de Ramadhan. Vendredi dernier, on pouvait lire sur les pancartes des manifestants toute leur détermination à aller jusqu’au bout et cela en restant mobilisés jusqu’au départ du système.