Le verdict est tombé comme un couperet contre l’ex-sénateur RND Malik Boudjouher, pris en « flagrant délit de corruption ». Sept ans de prison ferme assortie d’une amende de 1 million de dinars pour obtention de «privilèges indus» et «abus de pouvoir» et d’une interdiction d’exercer une haute fonction publique ou politique.
Lors de l’audience publique, tenue hier et présidée par la juge Radia Benghezal, l’ex-sénateur, qui espérait un verdict moins sévère, dans une salle remplie de ses amis et membres de sa famille, a vu par contre ses deux hommes de confiance, arrêtés en même temps que lui, élargis avec restitution de leurs véhicules saisis le 14 août dernier.
En prison depuis 8 mois, l’ex-sénateur, qui a occupé pendant 15 ans les fonctions de P/APC de Tipasa avant d’être élu sénateur, un poste qu’il a obtenu de haute lutte et non sans avoir graissé pas mal de pattes, a été immédiatement incarcéré après avoir été pris en flagrant délit de corruption et accusé d’avoir usé et abusé de sa fonction de sénateur pour régler un dossier de construction illicite en échange de 500 millions de centimes.
L’ex-sénateur s’est fait prendre, par des policiers venus de Blida, sitôt la transaction achevée dans un café et a été arrêté au moment où il se rendait, dans son véhicule, à son domicile en compagnie de ses deux hommes de confiance. Ces deux derniers ont été libérés faute d’implication dans la douteuse transaction.
Il faut rappeler que l’ex-sénateur, au moment de son arrestation en août dernier, a reçu un appui fort de la part d’une cinquantaine de sénateurs qui sont allés jusqu’à boycotter la session d’ouverture du Sénat en signe de protestation contre son incarcération, considérée comme illégale étant donné qu’il bénéficiait toujours de l’immunité parlementaire. Cette réaction des sénateurs, qualifiée «de fronde» et de première en Algérie, n’a pas empêché le rejet de ses deux demandes de libération provisoire ainsi que celle de ses deux hommes de confiance qui étaient présents lors de la transaction et ont été arrêtés aussi. L’homme, qui a versé la somme de 200 millions de centimes (sur les 500 millions exigés), Mourad Kheroui, est un affairiste qui a construit illicitement un hôtel à Ouzakou, un quartier gangréné par les constructions illicites situé sur les hauteurs en allant vers la zone du Chenoua, dépendant de la commune de Tipasa. Ce dernier, qui avait eu vent de la mise en demeure de démolition de sa bâtisse illicite (un hôtel) qui était en instance de signature au cabinet du wali, avait cherché des interventions et fait appel au sénateur pour l’aider à empêcher la démolition prévue incessamment. Pris de panique, il aurait cherché des contacts pour empêcher la démolition de son hôtel avec une contrepartie financière en échange d’une intervention en sa faveur, ce qui a fait l’affaire de l’ex-P/APC et ex-sénateur pour honorer des demandes familiales -en fait de sa première épouse- pour couvrir les frais d’études de sa fille résidant en Angleterre. Boudjouher aurait connu, par l’intermédiaire d’amis communs, cet «homme d’affaires» en 2012 dans un restaurant au niveau de la forêt récréative de Tipasa -un lieu de rendez-vous de tous les entrepreneurs et où se faisaient et se défaisaient toutes sortes d’affaires et de transactions.