La tension et les dissensions qui couvaient au sein de l’Union générale des travailleurs algériens (Ugta) de Tlemcen ont éclaté au grand jour à la faveur du Hirak. Et la première à payer la note est la secrétaire de wilaya Souad Baroudi, qui a été expulsée de son bureau de la place du 1er-Mai lors d’une bataille rangée au niveau du siège de Tlemcen. Les incidents ont éclaté, hier dans la matinée, entre les pro et les anti Sidi Saïd. Quelque 200 syndicalistes pro Sidi Saïd, dont des éléments de la section Cnas, ont investi le siège local après avoir cassé la porte, où se tenait une réunion présidée par la coordinatrice locale. Mandatés par le secrétaire général de l’Ugta, les contestataires ont exprimé ainsi leur retrait de confiance à la coordinatrice locale qui a payé sa position par rapport au Hirak. A la suite de ce coup de force, ces derniers vont devoir constituer la commission préparatoire en vue de la tenue du prochain (13e) congrès de l’Ugta. A noter que le siège de l’Ugta de la place du 1er-Mai est voisin de la 3e Sûreté urbaine, dont les éléments ont suivi de loin les incidents sans intervenir, croit-on savoir. Rappelons dans ce contexte que plus de 600 cadres syndicaux avaient observé, le 28 avril dernier, un sit-in pour appeler encore une fois au départ de leur secrétaire général, Abdelmadjid Sidi Saïd, et dénoncer les abus commis à leur encontre. Ce rassemblement a été également une opportunité pour les syndicalistes présents pour soutenir la coordinatrice locale Souad Baroudi, récemment limogée par le secrétaire général de l’Union. Dans une allocution, M. Baroudi, soutenue par ses collègues, a indiqué que les travailleurs «sont solidaires avec le peuple algérien et ses revendications sont les nôtres. Nous avons souffert depuis plus de vingt ans de ce régime et il est temps qu’il parte avec tous ses symboles ! Et c’est le Hirak qui nous a libérés». Ont pris part à ce sit-in, les secrétaires de wilaya de l’Ugta de Saïda, Béjaïa, Tizi Ouzou, l’Union locale de la Zone industrielle de Rouiba (Alger), la Fédération nationale de l’industrie électronique et mécanique et des syndicalistes des wilayas d’Oran, Alger et Sidi Bel Abbès qui ont été exclus par le secrétariat général suite aux protestations organisées devant le siège de la Centrale syndicale le 17 avril dernier.