Pour la énième fois, le ministre du Commerce, Saïd Djellab, a affiché la volonté du gouvernement de sévir pendant le mois de Ramadhan contre les spéculateurs, rassurant ainsi les consommateurs tout en les informant sur les prix de référence des produits. Face à l’inquiétude des ménages qui appréhendent la flambée des prix des produits alimentaires durant le mois de Ramadhan, le ministre du Commerce, Saïd Djellab, s’est montré rassurant lors de la conférence de presse animée, hier, au forum d’El Moudjahid.
Le ministre prévoit une stabilisation des prix durant ce mois et promet de mettre en branle la machine antispéculation. Pour y faire face, il dira que «nous avons entrepris des actions, notamment des opérations de déstockage des produits de sorte qu’il y aura dans l’ensemble des wilayas des brigades qui veilleront aux opérations de déstockage à tous les niveaux», ajoutant que «tout opérateur que nous trouverons en train de faire du stockage à des fins de spéculation, verra son dossier transmis à la justice». Poursuivant son intervention, il dira que l’«opération a débuté par les importateurs, en suivant le circuit des produits alimentaires importés. Nous l’avons déjà fait à Alger pour des importations de viandes, de banane, nous l’avons également fait pour les fruits secs et séchés».
Concernant la régulation des prix, il a indiqué que son département a procédé au retrait de la liste des produits soumis au droit additionnel provisoire de sauvegarde (Daps) des viandes bovines fraîches ou réfrigérées, à la levée de l’obligation de domiciliation bancaire de 30 jours avant leur importation. Le ministre n’a pas manqué de mettre en garde les commerçants à propos de l’affichage des prix : «Nous demandons aux commerçants d’afficher les prix pour nous aider à lutter efficacement contre la spéculation.» Nous avons, par ailleurs, relevé l’optimisme des directeurs de wilaya sur la disponibilité des produits de base (lait, pain, légumes et viandes).

Des «souks» de proximité
Par ailleurs, le premier responsable du secteur a indiqué que le nombre de marchés de proximité des fruits et légumes augmentera durant le mois de Ramadhan, car jugés «insuffisants pour satisfaire les Algériens». Pour remédier à cette situation, et en coordination avec le ministère de l’Intérieur et les walis, il a indiqué qu’un ensemble de mesures ont été prises. Il s’agit notamment de la réhabilitation des marchés couverts de proximité non exploités, et qui sont au nombre de 171, de la création de nouveaux marchés de proximité pour les fruits et légumes au niveau des quartiers et des groupements résidentiels, dont le nombre avoisine 530 à ce jour, ce qui a doublé leur nombre passant de 866 à 1 567. Le patron du département a fait savoir que «dans le cadre de cette opération spécifique, la priorité a été donnée aux jeunes pour bénéficier des places équipées dans ces espaces, en leur offrant toutes les facilités et l’accompagnement nécessaire dans l’exercice de leurs activités commerciales», précisant que «le nombre de bénéficiaires de cette opération dépassera 13 000 jeunes, et ce sans compter les emplois indirects en relation avec ces activités».

Les prix de référence applicables à partir d’aujourd’hui
Par ailleurs, il soulignera que « les prix de référence des légumes de base, de la banane et de la viande bovine importée, seront appliqués dans tous les marchés du pays à partir de demain». Pour lui, «ces prix prennent en compte la marge bénéficiaire de chacun des intervenants dans la mise sur le marché de ces différents produits, du producteur ou de l’importateur jusqu’au détaillant, en passant par le mandataire et le grossiste ». Ces prix de référence sont censés protéger le pouvoir d’achat du citoyen.
C’est pour cela qu’à partir d’aujourd’hui des équipes d’agents de contrôle ainsi que les membres des différentes associations de protection des consommateurs se déplaceront vers les marchés pour contrôler le respect des prix de référence. Il a annoncé, dans le même cadre, que des «sanctions fermes » seront appliquées à l’encontre de tout commerçant qui ne respecte pas ces prix de référence, ajoutant que ces sanctions peuvent aller d’une amende à une fermeture du commerce. Maintenant, reste à savoir si ce plan va être efficace pour protéger, un tant soit peu, le pouvoir d’achat des ménages terriblement malmené ces derniers mois.