Reporters : Le frère de l’ancien président de la République et les deux ex-généraux Tartag et Toufik sont aux mains de la justice militaire. Que va-t-il se passer ?
Amine Sidhoum : Selon ce que l’on sait, et d’après le communiqué du Parquet, hier, ces trois personnalités sont poursuivies pour « atteinte à l’autorité de l’Armée » et « complot contre l’autorité de l’Etat ». Ce sont là des accusations graves, mais nous n’avons pas encore les détails concernant les chefs d’inculpation retenus contre elles. Le dossier est maintenant au niveau de l’instruction préliminaire. Une fois l’enquête préliminaire terminée, ces trois personnalités arrêtées et mises en détention préventive vont être présentées devant la juridiction ou le tribunal compétent. Pour les deux anciens chefs militaires, il est certain qu’ils vont être conduits vers le Tribunal militaire. Si Saïd Bouteflika est impliqué dans la même affaire que MM. Toufik et Tartag, il sera présenté, lui aussi, devant le Tribunal militaire.

Que se passera-t-il alors ?
C’est au procureur militaire, selon l’article 11 du Code de procédure pénale, de donner des explications sur l’inculpation. Et il va y avoir une instruction judiciaire qui déterminera la culpabilité ou non de ces trois personnes. Je souligne au passage qu’ils sont des citoyens comme les autres et ne sont pas au-dessus de la loi.
Quel est le scénario possible dans le traitement de ces dossiers ?
C’est un peu prématuré de soulever cette question car, nous ne connaissons pas pour le moment les tenants et les aboutissants de ce dossier exactement. En tous les cas, les jours à venir nous dévoileront l’évolution des faits.

Certains applaudissent les récentes décisions de la justice de poursuivre des personnalités civiles et militaires de premier plan, d’autres, en revanche, demeurent sceptiques et soupçonnent un emballement judiciaire de circonstance. Qu’en pensez-vous ?
On espère que c’est un bon début vers une justice indépendante et libre. Moi, je dis toujours que l’indépendance de la justice est une pratique avant tout.
Elle ne va pas surgir du jour au lendemain. Et pour ce faire, il faudrait d’abord qu’il y ait un système politique stable pour avoir une justice libre.