Après la localité de Bouihi (daïra de Sidi Djilali) où les habitants avaient assiégé l’APC le 8 avril dernier, et Sebdou, où des contestataires avaient tenté en octobre dernier de fermer le siège de la daïra mais avaient barré la RN22, le vent de la contestation populaire a gagné, jeudi 2 mai, les localités d’El Aricha (daïra de Sebdou) et El Abed, commune de Bouihi (daïra de Sidi Djilali) situées dans le sud de la wilaya et confrontées à un retard patent en matière de développement local et par ricochet sur le plan des opportunités en termes d’emplois.

A travers un sit-in «chaud» devant les APC de Bouihi et El Aricha, les manifestants ont exprimé leur colère vis-à-vis des élus, à leur tête les P/APC. A Sebdou, les habitants ont réédité la contestation d’octobre dernier lorsqu’ils avaient observé un sit-in devant le siège de la daïra pour exprimer leur désapprobation par rapport à la liste des bénéficiaires des 220 logements sociaux. Cette fois-ci, apprenant qu’ils ont été exclus lors du tirage au sort, qui a eu lieu ce jeudi au siège de l’APW, des citoyens en colère ont carrément squatté les logements sociaux en question. Le chef de daïra a réquisitionné les forces anti-émeute pour expulser les indus occupants. Alors que d’autres manifestants ont investi le siège de l’APC avant de barrer la RN22 qui mène à Tlemcen et Béchar. Par ailleurs, il faut savoir que la localité frontalière d’El Abed, située à environ 80 km de Tlemcen, abrite une mine (zinc), fermée depuis 2003. En 2005, le ministre de l’Energie et des Mines, Chakib Khelil, s’était rendu sur les lieux pour, d’abord, créer une école de formation de cadres dans le domaine des mines et annoncer l’intérêt d’une société chinoise pour investir 320 milliards de centimes. Un projet mort-né qui devait voir la création de 400 postes d’emploi permanents. Le site minier aurait été récemment la proie d’actes de vandalisme et de vols d’équipements par des ressortissants marocains, si l’en croit le P/APC de Bouihi. Dans le cadre de ses sorties sur le terrain, en l’occurrence au niveau de la daïra de Sidi Djilali, le wali de Tlemcen Ali Benyaïche a visité en septembre dernier la mine d’El Abed dont les habitants ont exprimé à cette occasion leur vœu de voir ce site renaître de ses cendres pour absorber le taux de chômage drastique qui sévit dans cette région frontalière. Rappelons dans ce contexte qu’en fin décembre 2005, plus de deux cents jeunes d’El Abed avaient « franchi » symboliquement la frontière avec le Maroc pour exprimer leur ras-le-bol et attirer l’attention des autorités locales sur les problèmes socio-économiques qu’affronte leur localité. S’agissant d’El Aricha, on ignore si le projet d’unité de production d’équipements de kits d’énergie solaire datant de 2014, a vu le jour. «Nous avons longtemps été stigmatisés par les autorités. Notre proximité avec la frontière algéro-marocaine a fait de nous des suspects. Pour une majorité de responsables, nous exerçons tous des activités illégales», déplorent les habitants. Il faut souligner cependant qu’une polyclinique, dotée d’un service de maternité, a été ouverte dernièrement (septembre 2018) à El Aricha, située à 85 km du chef-lieu de wilaya. Il faut rappeler que les habitants du village Belhadj Youcef, déjà confrontés à la rigueur du froid des Hauts-Plateaux et le danger permanent des mines anti personnel, étaient sortis en novembre 2013 pour protester sur la hausse du prix de la bouteille de gaz butane cédée à 220 DA.n