Mohamed Djemaia a présidé, hier, une rencontre avec les mouhafedh à El Achour (Alger). Ce rendez-vous a été saisi par le tout nouveau secrétaire général du Front de libération nationale (FLN) pour s’exprimer sur l’ensemble des questions brûlantes de l’actualité politique nationale. Consacrant l’essentiel de son discours à l’institution militaire et à son rôle dans la sortie de crise, Djemaia a d’emblée déclaré : «Au FLN, nous soutenons totalement le chef d’état-major de l’ANP Gaïd Salah dans ses appels à la sagesse, à la vigilance et à l’option d’un dialogue constructif pour, en définitive, aboutir à une sortie de crise sereine et certaine pour le pays». Dans ce cadre, il a vigoureusement fustigé «les attaques qui ciblent l’ANP et son état-major».
A ce propos, il dira que «nous considérons que les attaques qui ciblent l’ANP ciblent également nos militants, mais, aussi, l’ensemble du peuple algérien».
Dans le même ordre d’idées, le tout nouveau premier responsable du FLN a salué l’ANP pour «avoir pu prémunir le pays contre l’irréparable en évitant de s’attaquer à la issaba [la bande, Ndlr] en utilisant les chars». «Nous nous félicitons du fait que l’ANP ait laissé le peuple s’exprimer en toute liberté dans les rues en prenant en charge ses revendications de façon démocratique», ajoutera-t-il. Toujours à propos de l’institution militaire, Djemaia a salué la démarche de l’ANP qui «a débusqué les traîtres qui se sont assis à la même table que des organismes étrangers pour imposer une nouvelle tutelle sur le peuple algérien». Dans ce cadre, il fera remarquer que «des laboratoires étrangers à l’origine des fitnas, dans les capitales occidentales, ambitionnent, avec le soutien des ennemis du peuple et du pays, de créer des zizanies pour faire sortir le mouvement populaire de son caractère pacifique». «Ces laboratoires tentent également à mettre sur pied une sale guerre médiatique à travers des chaînes étrangères pour s’immiscer dans nos affaires internes pour frapper l’ANP et retourner le peuple contre elle», a-t-il insisté. Par ailleurs, le conférencier a aussi consacré une large partie de son allocution au mouvement populaire en attribuant le qualificatif «son excellence» au peuple. «Nous demandons pardon à son excellence le peuple, le héros, pour toute déclaration mal placée, faite à la légère ou comportement provocateur ou un quelconque maniérisme ou théâtralisme de la part de responsables du parti qui a altéré notre image.»
Pour Djemaia, «c’est son excellence le peuple qui a libéré le FLN et lui a permis de tenir un comité central en toute démocratie et transparence». Revenant sur les accusations l’ayant ciblé, Djemaia a considéré que «l’urne a définitivement tranché et a rendu son verdict». «La transparence de l’élection du secrétaire général, qui s’est faite à bulletin secret, avec une multitude de candidatures, a cloué le bec à tout commentaire», a-t-il considéré. En outre, Djemaia a critiqué «le piétinement des institutions de la République à travers la violation des lois», mais sans préciser la cible de ses critiques. «Le FLN va consacrer
la démocratie et la transparence
totale dans son fonctionnement», a-t-il lancé, avant de préciser qu’«il est fini le temps des désignations par téléphone».<