Le mois de Ramadhan est à notre porte. Comme les précédents, il y aura des changements de comportement en matière alimentaire, dont la consommation importante de pain. Sur ce sujet, le président de la Fédération nationale des boulangers, affiliée à l’Union générale des commerçants et artisans algériens (Ugcaa), Youcef Kalafat, a rassuré quant à la disponibilité du pain. Pour ce faire, il indique que tous les moyens sont mis pour que la demande soit satisfaite. Se prêtant au jeu des questions-réponses, le même représentant souligne, à propos de la marge bénéficiaire, que «le ministre du Commerce a accepté notre proposition qui est actuellement en phase d’étude au niveau du gouvernement. Une fois notre proposition acceptée par le gouvernement, le problème des boulangers sera définitivement résolu». A propos des subventions, l’orateur appelle à faire le distinguo, précisant que «l’Etat subventionne le blé et non le pain, car ce produit demande d’autres ingrédients comme le sel, le sucre, l’électricité, les améliorants… et la levure». Enchaînant, M. Kalafat souligne que ceux qui bénéficient de ces subventions sont, entre autres, «les producteurs de gâteaux, les éleveurs». Concernant les difficultés des boulangers, le conférencier a particulièrement signalé le «recul sensible» de la marge bénéficiaire malgré le soutien de l’Etat au prix de la farine en tant que matière première dans la fabrication du pain
(2 000 DA/quintal). Indiquant que plus de 3 000 boulangers ont mis la clé sous le paillasson en 2017, le premier responsable de la FNB propose, pour mettre fin à cette contrainte, la «suppression des subventions du blé et de la remplacer par une subvention destinée directement aux boulangers». Poursuivant, il a précisé que les boulangers vont bénéficier de subventions selon la quantité de farine consommée. Chaque mois, «le boulanger présente les factures de l’achat aux autorités concernées». Rappelons que M. Kalafat avait récemment indiqué que depuis janvier 2016, 3 000 boulangers ont mis la clé sous la porte à l’échelle nationale dont 700 environ pour la seule wilaya d’Alger. «L’augmentation des prix des matières premières et des charges inhérentes à ce métier très exigeant y sont pour beaucoup dans ces fermetures», avait-il expliqué. Et d’ajouter : «En trois ans, les prix des matières premières comme la farine, la semoule, la levure, l’huile, le sel, les améliorants se sont envolés. Avant, le quintal de farine coûtait 1 500 DA. Aujourd’hui, il s’affiche à 2 000 DA, auxquels il faut ajouter les frais de transport et de déchargement. L’améliorant a suivi la même courbe. Son prix est passé de 150 DA le kilo à 340 DA. Le boulanger est soumis a beaucoup de charges, les impôts, les salaires, la location, les pièces de rechange… D’où la disparition de centaines de boulangeries.
Ceux qui tiennent le coup se rattrapent sur la pâtisserie et les pains spéciaux dont les prix sont libres, comme stipulé par la loi».