Habitant près des carrières de calcaire, tout au long de la route reliant la commune de Lambiridi à Ras Et-Ma (2 km de Aïn Touta), des citoyens réclament la fermeture des carrières de calcaire, affectant leur vie et leur environnement.

Les habitants de plusieurs localités sur la route Batna – Aïn Touta ont organisé, durant la journée de jeudi, un mouvement de protestation pour réclamer la fermeture des carrières de roche ou la relocalisation vers la nouvelle cité Hamla3. Plusieurs localités de Oued Chaâba, jusqu’à Aïn Touta, subissent la pollution causée par les carrières estimées à 30 usines de concassage de pierre installées sur cet axe. Afin d’attirer l’attention des autorités locales et de se faire entendre, les habitants du village El Ghedjati, relevant de la commune de Aïn Touta (Batna), n’ont rien trouvé d’autre que de bloquer l’autoroute RN3 reliant Batna à Biskra pour dénoncer l’inertie des autorités locales et réclamer la suppressions des carrières d’extraction de roche implantées tout le long de la route entre Oued Chaaba (anciennement appelé Lambiridi, et Victor-Duruy durant la période coloniale) jusqu’à la localité de Ras El-Ma. Pour les habitants, l’air est irrespirable, la terre est inexploitable et devient infertile, la vie est tout simplement impossible dans ce lieu pollué. Selon les protestataires, la majorité des habitants souffrent régulièrement de maladies respiratoires, d’asthme et d’éruptions cutanées. Leurs appels et ceux des écologistes sur les effets néfastes du concassage du calcaire sur l’environnement et la santé n’ont trouvé aucun écho. Dans le Sud de Batna en allant vers Aïn Touta, les collines sont des gisements de calcaire, un matériau de construction facile à extraire. Environ 30 carrières sont installées de Lambiridi à Aïn El-Ma pour exploiter ces gisements à raison d’une carrière à chaque kilomètre. Déformant ainsi un paysage qui était durant les années 1980 l’un des plus beaux de la région par ces belles collines vertes et fleuries, déplorent les habitants. En plus du bruit incessant, la poussière couvre constamment la zone et réduit parfois la visibilité et rend la respiration difficile pour les habitants mais aussi sur les usagers de ce tronçon qui doivent ralentir et fermer les vitres pour éviter l’inhalation des fines particules suspendues dans l’air.
Le directeur de l’industrie et des mines de la wilaya d’Ouargla a affirmé, dans un entretien téléphonique, que les usines respectent la réglementation des installations classées qui doivent respecter l’environnement et la santé de l’homme. Selon ce responsable, ces carrières ne seraient pas la source de la pollution. Il déclare que les carrières sont contrôlées et ne posent aucun problème sur l’environnement. Elles possèdent des systèmes d’arrosage et tout le nécessaire, dit-il. Les protestataires ont, selon lui, d’autres revendications. « Pour comprendre la situation, vous devez appeler la wilaya pour voir plus clair », nous a-t-il lancé. Les explosifs utilisés pour fragmenter et abattre des matériaux obéit, selon lui, aux normes et respecte les règles et les conditions de sécurité. Les vibrations et les quantités sont calculées et des contrôles périodiques des carrières sont effectués. « Si on détecte des dépassements, on prend des mesures dans l’immédiat, donc aucun risque n’est à craindre », dit-il. Ce responsable n’a pas confirmé le nombre de gisement en activités, estimé, selon d’autres sources, à 30 carrières en activité. Contact pris avec la wilaya, cette dernière nous demande de contacter le P/APC d’El Chaaba en vain. Entre temps, plus de 80 000 personnes vivant à proximité des carrières continuent de respirer de l’air pollué dans l’indifférence des responsables. Un ancien responsable du secteur a pointé du doigt les stations d’enrobage, situées sur le même axe et qui activent, selon lui, dans l’illégalité et sans respecter les normes imposées aussi bien par l’art minier que par les impératifs écologiques.
Un ex-P/APC d’Aïn Touta a évoqué, en 2010, le nombre de carrières actives sur l’axe dépassant largement, à cette époque, les 13 usines. Il avait également souligné que la collectivité ne bénéficie d’aucune rentrée fiscale émanant de ces carrières, ajoutant un chapelet de tracas engendrés par ces sites. En plus des problèmes de santé dus à la pollution de l’air, il avait avancé aussi le phénomène de disparition de la nappe phréatique qui, jadis, alimentait la ville d’Aïn Touta et ses environs. Le dynamitage utilisé dans les carrières aurait, en effet, provoqué des fissures dans le sol et, par conséquent, la diminution du niveau de la nappe qui est passé de 10 m en moyenne à environ 200 m de profondeur. n