Au moins neuf personnes ont été tuées hier dans une attaque revendiquée par l’organisation Etat islamique (EI) contre une caserne à Sebha, ville du sud de la Libye tenue par des forces favorables au maréchal Haftar, a-t-on appris de sources locales et médicales. «Le siège du centre de formation (militaire) à Sebha a été la cible d’une attaque terroriste à l’aube de la part d’éléments de l’EI, soutenus par des groupes criminels et des mercenaires», a déclaré à l’AFP le maire de la ville, Hamed al-Khayali. Selon M. Khayali, «l’attaque a fait neuf morts, (…) dont certains ont été égorgés et d’autres tués par balles». Un porte-parole du centre médical de Sebha (CMS), Oussama al-Wafi, a confirmé ce bilan à l’AFP, affirmant que «neuf corps sont arrivés au CMS, mais aucun blessé». L’attaque a été revendiquée à la mi-journée par l’EI qui a affirmé, dans un communiqué transmis via la messagerie Telegram, avoir «tué et blessé» 16 personnes. «Les soldats du califat ont attaqué à l’aube le siège du commandement de la région militaire de Sebha sous le contrôle des milices hérétiques de Haftar connu sous le nom de Katibat Jibril al-Baba», précise l’organisation djihadiste. «Tous les prisonniers séquestrés sur la base ont été libérés», ajoute-t-elle. Sebha, chef-lieu de la province sud de la Libye situé à 650 km au sud de Tripoli, est contrôlée par l’autoproclamée Armée nationale libyenne (ANL) du maréchal Khalifa Haftar, l’homme fort de l’est libyen qui avait lancé mi-janvier une opération pour «purger le Sud des groupes terroristes et criminels». L’ANL s’est emparée sans combats de la ville après avoir obtenu le ralliement de tribus locales. Le maréchal Haftar a ensuite lancé une offensive le 4 avril pour conquérir Tripoli, siège du gouvernement d’union nationale (GNA) reconnu par la communauté internationale. Les forces loyales au GNA et celles de l’ANL s’affrontent dans la banlieue sud de la capitale ainsi que plus loin au sud de la ville.